Résumé

François Combes Essai sur les idées politiques de Montaigne et La Boëtie

L’amitié, dit La Boëtie dans un très beau et très correct langage, c’est un nom sacré, c’est une chose sainte. Elle ne se met jamais qu’entre gens de bien, et ne se prend que par une mutuelle estime. Elle s’entretient, non pas tant par un bienfait que par la bonne vie. Ce qui rend un ami assuré de l’autre, c’est la connaissance qu’il a de son intégrité. Les répondants qu’il en a, c’est son bon naturel, la foi et la constance. Il n’y peut avoir d’amitié là où est la cruauté, là où est la déloyauté, là où est l’injustice.
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François Combes Essai sur les idées politiques de Montaigne et La Boëtie

« Appellerons-nous lâcheté, dit La Boëtie, cette patience à souffrir les tyrans ? Deux peuvent en craindre un, et possible dix ; mais que mille, un million, mille villes ne se défendent d’un seul et endurent tout, cela ne s’appelle pas couardise, c’est un monstre de vice, que la nature désavoue avoir fait et que la langue refuse de nommer. »
Il n’y a donc pas de doute aux yeux de La Boëtie ; la tyrannie a pour base quelque chose qui est plus fort que la lâcheté humaine, et si l’on rampe dans la servitude, c’est parce qu’on le veut bien.
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François Combes Essai sur les idées politiques de Montaigne et La Boëtie

Or, ce n’est pas le règne de Henri II qui pouvait fournir à La Boëtie le sujet d’une peinture si sombre.
Ignorance et servitude ; instruction et liberté.
Mais il n’a pas fini. Il y a une troisième cause qui facilite la tyrannie ou la prolonge, et La Boëtie ne le cache pas. Il habitait Bordeaux ; il appartenait à une ville où l’instruction et l’éloquence ont toujours été en honneur ; où le commerce développe les idées par les communications et les voyages ; où l’on ne connaît pas l’isolement si fatal à tout, au caractère, aux mœurs, à l’esprit de société et de mutuelle confiance.
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