François-René de Chateaubriand,
Les Martyrs, ou Le triomphe de la religion chrétienne…
(1810)
“ « Tu m'as mal compris, s'écrie Hiéroclès, le cœur palpitant de jalousie et de colère. Tu me parles trop de cet homme plus horrible à mes yeux que cet Enfer dont me menacent tes Chrétiens. L'amour que tu lui portes est l'arrêt de sa mort. Pour la dernière fois, sache à quel prix je laisserai vivre Eudore : il meurt, si tu n'es à moi. » La réprobation parut toute entière sur le visage d'Hiéroclès. Un sourire contracte ses lèvres, et des gouttes de sang tombent de ses yeux. La Chrétienne, qui jusqu'alors avoit été frappée de terreur , se sentit soudain relevée par le coup qui devoit l'abattre. ”
