Résumé

Gilbert Sore Mon vieux pays : poèmes de la Lande (1926)

La pinasse, où la voile est un lumineux geste,
Tend son effort joyeux vers le port de La Teste,
Et, preste, elle a doublé le cap de l'Aiguillon.
Elle entre fièrement dans cette anse profonde Que la marée emplit comme une mer seconde,
Jusqu'au pied de la dune au sable étincelant ;
Là-bas, près du rivage, une flèche s'élance,
Près d'une tour carrée où règne le silence Lourd des grands souvenirs d'un passé somnolent.
La pinasse s'exalte et frémit à la brise ;
Sous l'orgueilleuse proue où l'eau se pulvérise,
L'onde semble elle-même ouvrir de gais sillons
Source : Gallica

Gilbert Sore Mon vieux pays : poèmes de la Lande (1926)

D'un grand geste lassé, le manant testerin, Qui partait vers le bois d'un pas lourd et tranquille, Laisse tomber sa hache et demeure immobile : La corne rudement répète son refrain.
Alors, le paysan reprend sa hache, gronde, Et marche vers le cor dont la note s'éteint,
Comme un homme accablé d'un injuste destin, Comme Atlas qui s'épuise à soulever le monde.
Et, de tous les sentiers, lourds et lents comme lui, D'autres serfs douloureux se hâtent sur la lande. Ils vont, comme un troupeau docile de légende, Cependant qu'en leurs yeux une âpre flamme luit.
Source : Gallica

Gilbert Sore Mon vieux pays : poèmes de la Lande (1926)

Plus loin, vers l'orient, vers le sud, c'est la lande, C'est la plaine stérile et le marais malsain.
Aussi loin que l'écho répercute ses ondes,
Le cor ne touchera de ses notes profondes Qu'un héron nostalgique ou quelque marcassin.
Parfois, quand vient le vent de la mer océane, Le vent qui hurle à mort et, comme une liane, Tord le pin centenaire au geste d'encensoir,
Avec de grands bruits sourds, la forêt se balance Et courbe sur Boïos sa frondaison immense, Son aile maternelle ainsi qu'un reposoir.
Source : Gallica

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