Gilbert Sore, Mon vieux pays : poèmes de la Lande (1926)
“ La pinasse, où la voile est un lumineux geste, Tend son effort joyeux vers le port de La Teste, Et, preste, elle a doublé le cap de l'Aiguillon. Elle entre fièrement dans cette anse profonde Que la marée emplit comme une mer seconde, Jusqu'au pied de la dune au sable étincelant ; Là-bas, près du rivage, une flèche s'élance, Près d'une tour carrée où règne le silence Lourd des grands souvenirs d'un passé somnolent. La pinasse s'exalte et frémit à la brise ; Sous l'orgueilleuse proue où l'eau se pulvérise, L'onde semble elle-même ouvrir de gais sillons ”
