Résumé

Portrait de Henri Rivière Henri Rivière Les Derniers marins du règne de Louis XIV

Quand il n’est plus qu’à quelque distance, il feint tout à coup de plier. Le Cumberland, trompé, le poursuit, mais au même instant Du Guay-Trouin revient sur lui, et engage dans ses grands haubans le beaupré du vaisseau anglais. Ce mouvement inattendu et plein d’audace rend inutile toute l’artillerie du Cumberland pendant que celle du Lys peut au contraire l’enfiler de bout en bout. En effet, les matelots, qui se sont relevés, courent à leurs fusils, à leurs pièces chargées de mitraille, et jonchent le vaisseau ennemi de morts et de blessés.
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Je vais aller à Dunkerque, j’armerai les vaisseaux du roi, j’embarquerai les 6,000 hommes de troupes, je passerai au travers de la flotte ennemie, je m’y engage ; seulement, au lieu de faire voile pour l’Angleterre, j’irai en Hollande, je brûlerai tous les vaisseaux du port d’Amsterdam, je mettrai tout à feu et à sang, et avant un mois vous aurez la paix. — Et les 6,000 hommes ? dit le ministre. — J’en rembarquerai ce que je pourrai, répliqua Forbin. Dans un cas comme dans l’autre, ils sont sacrifiés ; autant vaut que ce soit pour un résultat utile.
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Ces instructions une fois données, Du Guay-Trouin, ayant fait coucher tout son monde sur le pont et dans les batteries, s’avança sur le Cumberland sans tirer un coup de canon. Il reçut tranquillement la bordée du Chester, matelot d’arrière de l’amiral, et celle du Cumberland lui-même. Debout sur sa dunette, observant avec joie qu’aucun boulet ne lui a fait d’avarie majeure, il semble habiter et diriger seul son vaisseau, dont le silence menace et déconcerte l’ennemi.
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