Hervé de Broc

Résumé

Hervé de Broc Le temps passé (1893)

Elle occupe une place d'honneur dans cette noblesse aux aspirations libérales, à l'esprit indépendant, vraiment digne de représenter l'aristocratie, parce qu'elle ne se courbe pas plus devant les abus du pouvoir royal que devant ceux de la démocratie.
Femme de cour, elle le fut par les grâces et la séduction. Mais si elle comprit les devoirs et le vrai rôle des rois, elle répudia la servilité qu'ils sont trop souvent exposés à trouver autour d'eux.
Son existence à la fois si brillante et si courte, sa mort prématurée la couronnent
d'une auréole poétique.
Source : Gallica

Hervé de Broc Le temps passé (1893)

Un peu plus tard disparaîtront, avec l'épée, les jabots de dentelles, les habits de soie et les élégances qui descendaient, à Versailles, les marches de marbre rose qu'a chantées Musset. Tout le monde sera vêtu comme le Tiers-Etat dont on a proclamé, en 1789, l'avènement, au pied du trône qui s'écroulait.
Les révolutions ont succédé aux révolutions. Bien des événements se sont accomplis ; bien des choses ont changé. Mais voici une femme délicieusement poudrée,
vêtue d'une robe aux couleurs pâles, avec des roses dans les cheveux et autour du corsage.
Source : Gallica

Hervé de Broc Le temps passé (1893)

Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs.
Tout petit prince a des ambassadeurs.
Tout marquis veut avoir des pages.
Cette vanité, si commune dans notre nation, a beaucoup contribué à l'amour de l'égalité ; mais elle empêche aussi la véritable égalité de s'établir, chacun cherchant à dominer ses égaux et voulant être l'égal de ceux qui se trouvent au-dessus de lui. La démocratie, en France, est devenue ainsi le moyen de s'élever en abaissant les autres. Elle tend à constituer une fausse aristocratie qui a tous les défauts de la véritable, sans posséder aucune de ses qualités.
Source : Gallica

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