Jules-Antoine Castagnary

Jules-Antoine Castagnary

Résumé

Portrait de Jules-Antoine Castagnary Jules-Antoine Castagnary Les Libres propos, par Castagnary (1864)

Le peintre a fermé les yeux devant la nature, pour ne regarder qu'au dedans de lui-même. La conscience est troublée de ces excitations constantes à la sensibilité et au mysticisme, qui constituent le fond et la forme de l'œuvre romantique. Le peintre a été poète, il a mordu au fruit corrupteur de l'idéal, il a vécu dans l'imaginaire. Quant à son époque, — c'est-à-dire à ce point précis de l'espace et du temps, qui, pour le peintre, est le vrai, le sensible, le réel, le seul côté par où la vie universelle tombe dans l'art de la peinture, — il ne ne la connut point, il ne voulut point la voir.
Source : Gallica

Portrait de Jules-Antoine Castagnary Jules-Antoine Castagnary Les Libres propos, par Castagnary (1864)

Un objet abstrait, non visible, non existant, n'est pas du domaine de la peinture.
L'imagination dans l'art consiste à savoir trouver l'expression la plus complète d'une chose existante, mais jamais à supposer ou à créer cette chose même.
Le beau est dans la nature, et se rencontre dans la réalité sous les formes les plus diverses. Dès qu'on l'y trouve, il appartient à l'art, ou plutôt à l'artiste qui sait l'y voir. Dès que le beau est réel et visible, il a en lui-même son expression artistique. Mais l'artiste n'a pas le droit d'amplifier cette expression.
Source : Gallica

Portrait de Jules-Antoine Castagnary Jules-Antoine Castagnary Les Libres propos, par Castagnary (1864)

Le peintre, pas plus que le poëte, ne le dégage des objets extérieurs. Il ne l'exprime pas, il l'excite; il ne le met pas dans son œuvre, il combine son œuvre de façon à le provoquer en nous. Dans la nature, il n'y a ni beau ni laid, mais seulement des formes et des apparences colorées. Le coucept de beauté ou de laideur naît en notre esprit à l'occasion des représentations qui lui sont apportées par les sens. Les objets extérieurs, objets simples dans leur réalité, ne se qualifient que dans notre cerveau, et y deviennent beaux ou laids, selon nos vues et notre tempérament personnels.
Source : Gallica

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