Résumé

Portrait de Lerminier Lerminier Les Destinées de la philosophie antique

C’est Moïse qui est la source de toute vérité, et, si Platon et Pythagore ont quelquefois émis sur Dieu et sur le monde des opinions plus justes que celles d’autres philosophes, c’est qu’en Égypte ils avaient entendu parler de Moïse et de ses dogmes. Ainsi les chrétiens refusaient à l’esprit grec la puissance d’arriver à la vérité, comme Julien la déniait à l’hébraïsme. Des deux côtés, même injustice, même intolérance. Athènes et Jérusalem n’avaient l’une pour l’autre que des paroles de haine et de malédiction, et cependant toutes deux ont contribué à l’éducation du genre humain.
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L’école d’Aristote, dit M. Ravaisson, abandonne peu à peu l’idée caractéristique de sa métaphysique, l’acte pur de la pensée absolue. L’épicurisme retranche toute idée d’action et de puissance, et réduit tout à une matière inerte. Le stoïcisme fait redescendre dans la matière la pensée, dans la puissance l’action, et la métaphysique dans une physique nouvelle. Enfin on cherche à une hauteur supérieure à celle même de la métaphysique péripatéticienne et dans l’idée de l’absolue unité l’origine commune de la puissance et de l’acte, de la nature et de la pensée
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Or, quand le néo-platonisme voulut concilier Aristote et Platon, il arriva qu’après s’être élevé avec Aristote de la simple existence à la vie, de la vie à la pensée, c’est-à-dire du plus imparfait au plus parfait, il voulut poursuivre au-delà de l’intelligence même l’un absolu comme plus simple encore, et qu’après avoir traversé pour ainsi dire la région de l’amour, il se perdit dans l’absolu néant. Le néo-platonisme crut dépasser la métaphysique, et il retomba au-dessous même de la physique primitive.
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