Louis-Auguste Martin, Voyage autour de ma prison (1859)
“ Dès aujourd'hui, j'éprouve ce qu'il y a de doux et d'étrange à la fois dans un tête-à-tête conjugal en prison. Quand on peut ensemble respirer, causer, prendre ses repas, vivre enfin , peu importe, en définitive, que ce soit dans une cellule de prison ou dans un boudoir de villa. Ma femme pourrait et voudrait venir tous les jours : mais lui faire quitter l'air pur de la campagne, les ombrages de l'avenue, les parfums du jardin pour l'atmosphère enfumée du quartier Saint-Marcel entrant à regret par des espèces de soupiraux, et pour des carreaux froids et des chaises dures. ”
