Louis-Auguste Martin

Résumé

Louis-Auguste Martin Voyage autour de ma prison (1859)

Dès aujourd'hui, j'éprouve ce qu'il y a de doux et d'étrange à la fois dans un tête-à-tête conjugal en prison. Quand on peut ensemble respirer, causer, prendre ses repas, vivre enfin , peu importe, en définitive, que ce soit dans une cellule de prison ou dans un boudoir de villa.
Ma femme pourrait et voudrait venir tous les jours : mais lui faire quitter l'air pur de la campagne, les ombrages de l'avenue, les parfums du jardin pour l'atmosphère enfumée du quartier Saint-Marcel entrant à regret par des espèces de soupiraux, et pour des carreaux froids et des chaises dures.
Source : Gallica

Louis-Auguste Martin Voyage autour de ma prison (1859)

A Londres, il y a une heure du soir qui sonne
pour tout le monde ; les machines se taisent les feux s'éteignent, et la ville ressemble à une vaste nécropole sans lumière où l'on marche à tâtons; alors, si l'on n'y voit plus, au moins l'on commence à y respirer.
Ici, on fait de la nuit le jour, non pour s'amuser, mais pour travailler; on voit, par exemple, la fabrique de charbon de Paris briller comme un incendie, et, plus d'une fois, la sentinelle de planton sur le faîte de Sainte-Pélagie a donné le signal d'alarme.
Source : Gallica

Louis-Auguste Martin Voyage autour de ma prison (1859)

Que la religieuse, au fond du monastère, Lève les yeux au ciel, sans regarder la terre, S'enferme en sa prison, bien loin de la douleur, Loin du petit enfant qui pleure dans la fange.
Vraiment, je vous le dis, si l'on veut être un ange, Il faut garder son aile et voler au malheur.
A vous l'hospice où vont les tristes créatures Qui n'ont pas un peu d'or pour payer leurs tortures.
Eu ouvrant ses rideaux, le pauvre, en vérité, Pense que sa madone ou sa mère le garde; S'il n'a plus, près de lui, sa sœur de la mansarde, Il trouve à l'hôpital sa sœur de charité.
Source : Gallica

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