Lucien Duc,
Souvenirs du siège de Belfort. Correspondance et journal d'un mobile du Rhône…
(1871)
“ Les obus recommencent à tomber dans le faubourg. Notre demeure a été effleurée. Je viens d'accomplir aujourd'hui la plus triste corvée qu'il soit possible d'accomplir : celle d'ensevelir un mort. Nous avons travaillé quatre ou cinq heures , moi et cinq camarades pour creuser une fosse au pied du château Juster, pendant que la mitraille pleuvait à côté de nous. Quelle tristesse vous saisit à l'aspect de ces sépultures perdues au fond d'un vallon. Quelques croix de bois au milieu de la neige indiquent seules que des victimes de la guerre reposent sous ce linceul glacé. ”
