Madame Charrier-Boblet, Cours complet de langue française… (1855)
“ Qui de nous, lorsque l'àme encor naïve et pure Commence à s'émouvoir, et s'ouvre à la nature, N'a pas senti d'abord, par un instinct heureux, Le besoin enchanteur, ce besoin d'être deux, De dire à son ami ses plaisirs et ses peines? D'un zéphyr indulgent si les douces haleines Ont conduit mon vaisseau sur des bords enchantés, Sur ce théâtre heureux de mes prospérités, Brillant d'un vain éclat, et vivant pour moi-même, Sans épancher mon cœur, sans un ami qui m'aime, Porterai-je, moi seul, de mon ennui chargé, Tout le poids d'un bonheur qui n'est point partagé? ”
