Marie-Louise Dromart

Résumé

Marie-Louise Dromart Sur le chemin du calvaire (1920)

Jeanne Craque, le lutin rieur, avait peur des éléments déchaînés.
Quand les Allemands dévalèrent dans le village, elle fut vraiment l'oiseau farouche qui ne sait où se blottir. Elle suivit, la tête dans les mains, le flot des habitants se précipitant dans les galeries du bassin ardoisier de l'Espérance.
L'avant-veille de ce jour néfaste, j'avais dis à Jeanne : « Viens donc coudre chez moi, lundi ». Elle m'avait répondu que c'était jour de beurre.
Et je n'ai plus revu Jeanne Craque. La tragédie nous a séparées, qui nous a ravi à jamais la sauvageonne au rire embroussaillé...
Source : Gallica

Marie-Louise Dromart Sur le chemin du calvaire (1920)

Il nous fit escorter par des soldats et nous quittâmes le château où nous avions connu les plus violentes et les plus douloureuses émotions.
Nos yeux, embués par l'ivresse du malheur, se désillèrent tout à coup.
Plus pauvres que ceux qui n'ont jamais rien possédé, nous étions rejetés à la rue, avec les seules hardes dont nous étions habillés et qui avaient essuyé la poussière ensanglantée du champ de bataille.
Mon passé n'était-il pas ce mendiant qui, assis sur une borne du chemin, prenait le village en ruines à témoin de sa détresse.
Source : Gallica

Marie-Louise Dromart Sur le chemin du calvaire (1920)

Nous sommes au 1er Décembre 1919 ; un pâle soleil d'hiver enveloppe de son réseau transparent la rouille des collines et le ruban d'émeraude de la Meuse rassérénée. La joie se lit sur tous les visages ; elle déborde de toutes les âmes et tremble dans toutes les voix. Elle est fière, grave, recueillie et profonde, comme si la Victoire elle-même allait passer sous l'arc de verdure dont on a décoré l'entrée du village en ruines.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature