Maurice De Broyer, Feuillets épars
“ La fée — car c’était une fée — parla la première : — Amaury, je suis celle qui soulage les déshérités, les pauvres gueux qui vont par les chemins, les poètes affamés rôdant par les ruelles louches, et tous les pauvres meurtrissant leurs désirs aux montres appétissantes des rôtisseurs. Je m’appelle Marjolaine, la Fée Marjolaine ! Veux-tu me suivre au palais que j’habite au beau Pays des Songes ? — Est-ce loin ? Je suis las et je voudrais manger ! Oui, Madame la Fée, car pour être poète je n’en suis pas moins homme ! — Ne crains rien. Mon char aérien nous attend. ”
