Résumé

Paul Bressolles Théorie et pratique des dons manuels (1885)

Ne pourrait-on pas nous objecter que, permettant au gratifié de mettre son donateur en possession précaire quelques instants après la tradition, il serait bien plus simple d'éviter deux traditions successives et inutiles en validant le constitut possessoire? Etant admis l'esprit rigoureux et formaliste dont est animée la loi au sujet des donations entre vifs, cette objection de pure équité ne nous touche guère. Il nous suffit que le Code Civil n'admette pas la simple convention à créer une libéralité mobilière si elle n'est insérée dans un acte notarié ou jointe à une tradition du meuble.
Source : Gallica

Paul Bressolles Théorie et pratique des dons manuels (1885)

Dans l'opinion de la jurisprudence et dans le système de M. Labbé, qui tous deux reconnaissent la validité du don onéreux, l'intérêt de distinguer ce genre de libéralité du don par entremise d'un tiers procède d'un autre ordre d'idées. C'est ce qu'un exemple excellera à bien faire sentir.
Supposons la tradition manuelle d'une somme faite à un individu pour qu'il la distribue aux indigents. Y a-t-il là un don fait à l'accipiens sous la charge d'employer la somme en bonnes oeuvres? n'y a-t-il qu'un mandat de remettre la somme aux pauvres?
Source : Gallica

Paul Bressolles Théorie et pratique des dons manuels (1885)

La tradition faite de donateur à donataire, tout est consommé ; les deux parties se trouvent indépendantes et nulle action n'est laissée aux mains de l'une contre l'autre. Le donateur, non plus que ses héritiers, n'a de prétexte à revenir sur sa libéralité et à soutenir qu'il y a eu simplement projet de don sans intentions sérieuses. On trouve, au contraire, dans le don manuel, un fait irrémédiable et irréprochable dans le sens de la règle : « Donner et retenir ne vaut ».
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature