Résumé

Paul Kerlor Les voix de l'âme : le conte de l'hirondelle… (1892)

Cette funeste passion a grandi de jour en jour dans mon cœur; elle a grandi pour devenir plus exigeante, plus implacable que jamais. Tu m'as entendu fréquemment refuser de prendre livraison des diamants qui m'étaient présentés. Tu m'as vu ne les accepter qu'à regret. Jamais, je te le répète, jamais je n'ai voulu travailler, ni pour le roi, ni pour les personnes qu'il aime le plus. C'est que vois-tu, Olivier, je me redoute moi-même. Aussitôt que j'ai livré une belle parure, l'ombre de la mort passe devant mes yeux pour me dire : « Les morts n'ont pas besoin de parure. » Je rêve durant la nuit.
Source : Gallica

Paul Kerlor Les voix de l'âme : le conte de l'hirondelle… (1892)

Mais je voudrais pour toi la grande solitude, Dieu, la brise et les eaux, De bruyère et d'ajonc la lande morne et rude, Quelques frêles roseaux.
Sur le ciel assombri, les mauves en silence Affleurant l'horizon, Près du roc escarpé rien que la mer immense : Ni garde, ni maison.
Là je voudrais rêver sur un lit de verdure, Loin des regards humains, Et mon âme dirait : Auprès de toi, nature, Les hommes semblent nains.
Dieu seul est assez grand pour une œuvre si belle, Dieu du ciel azuré.
Élève-toi, mon cœur, d'un rapide coup d'aile, Loin du temps mesuré.
Source : Gallica

Paul Kerlor Les voix de l'âme : le conte de l'hirondelle… (1892)

Le blanc Morgan chantait, entouré par les vagues, Et le vent lui porta ces accords doux et vagues :
J'ai vu sur le gazon, Vers le pâle horizon, Plus charmante que l'onde, Mona, Mona la blonde.
De ses riches cheveux Mon cœur est amoureux; Mona donne l'ivresse De la folle tendresse.
Aux vastes régions De la mer si profonde, Nous sommes légions, Nous entourons le monde.
Je suis le roi des mers, Au sein des flots amers ; Mona, Mona la blonde, Sera reine de l'onde.
Au son de cette voix, Mona, seule, trembla ; Vers le grand Océan son esprit s'en alla.
Source : Gallica

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