Résumé

Portrait de Paul d’Ivoi Paul d’Ivoi L’Aéroplane fantôme

On dirait une forteresse, un blockhaus.
Une étroite chaussée dallée enjambe la douve, aboutissant à la porte de l’étrange habitation, porte massive, renforcée d’arabesques de fer.
Von Karch enveloppa tout cela d’un regard inquisiteur. Puis il eut un sourire au fossé, à la maison, aux fenêtres garnies de barreaux solides.
— Eh ! Eh ! ricana-t-il, même en connaissant le gîte, l’assaut serait dur.
Mais avec un haussement d’épaules, il ajouta :
— Non, non. La vraie force est de demeurer inconnu.
Puis, ses yeux se portent du côté opposé à celui par lequel il est entré dans la clairière.
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Portrait de Paul d’Ivoi Paul d’Ivoi L’Aéroplane fantôme

Tandis que la foule allemande cherchait en vain la clef de l’énigme nouvelle soumise à sa sagacité, l’aéroplane de François de l’Étoile, volait vers le Nord à une vitesse vertigineuse.
Seulement, sur le visage des passagers se lisait un désespoir farouche, une anxiété torturante.
C’est que, au fond du navire aérien, sur des couvertures empilées, gisait l’ingénieur, sanglant, d’une pâleur de cire, immobile autant qu’un cadavre.
Il a voulu revoir l’Empereur. Il a pénétré encore dans le Cabinet du Maître. Il lui a dit :
— Sire, désormais, je ne suis plus l’ennemi de l’Allemagne.
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Ainsi l’espion passe avec la rapidité de la foudre en face de la Kœniggratzerstrasse. Il a l’impression fugitive qu’à l’angle de cette voie, un groupe s’agite, que des bras se tendent dans sa direction, mais emporté par la course de sa machine, les taillis de Thiergarten lui dérobent la vue de ceux qu’il a cru apercevoir.
Au surplus la chose ne saurait l’inquiéter, il vient de triompher du chancelier. Le Maître de l’Empire, c’est lui, l’Espion qui a pu dicter ses conditions. L’orgueil chante en son esprit, et la griserie de la vitesse fait monter à ses lèvres des phrases vaniteuses.
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