“ Sa pensée, son âme vagabondaient bien loin, se perdant en espoirs impossibles, irréalisables : le nuage jeté comme un écran devant le soleil ; la pluie diluvienne versant sa fraîcheur. Des nuages, de la pluie ; chimères sur la mer Rouge ! Est-ce que le ciel n’y est pas implacablement bleu ! Est-ce que le soleil n’y brille pas impitoyable ! Soudain, il tressaillit. Une voix avait murmuré près de lui : — Monsieur Max, voulez-vous venir dans la cabine de miss Violet... Mme de la Roche-Sonnaille se tenait devant lui. Il lui sembla que le visage de la duchesse était plus grave qu’à l’ordinaire. ”
Paul d’Ivoi
Résumé
Paul d’Ivoi signe Miss Mousqueterr, un roman mêlant aventure et introspection, publié dans un cadre inconnu mais chargé de tension dramatique. L’œuvre suit Max, un romancier en quête de vérité, accompagné de personnages comme Violet, Mona ou Sara, dans un voyage à travers des paysages oniriques et des dilemmes moraux.
Les thèmes de l’errance, de la solidarité et des conflits existentiels traversent l’action, ponctuée de dialogues percutants et de descriptions lyriques. La structure évoque un mélange de science-fiction et de réflexion sur l’humain, culminant dans une quête symbolique vers une métropole souterraine. L’œuvre synthétise les dilemmes de l’âme et les liens entre les individus, dans un récit où le réel et l’imaginaire se brouillent.
Citations de Miss Mousqueterr (Paul d’Ivoi)
“ À minuit, vous entrerez dans la métropole souterraine. Quand le soleil apparaîtra au-dessus de l’horizon, vous aurez vécu. Durant quelques secondes, il fit peser son regard farouche sur le groupe des prisonniers. Peut-être espérait-il une marque de crainte, un appel à sa pitié. Mais aucun ne bougea. Avec un geste mécontent, il sortit, poussant devant lui Joyeux et Sourire, qui s’étaient tenus immobiles, comme figés à ses côtés. De nouveau, les prisonniers étaient seuls. La bougie de cire brute les éclairait. Ils s’entre-regardèrent comme au sortir d’un rêve. ”
“ Le bonheur du repos se peignait sur son visage en un sourire béat. Peut-être aussi de jolis rêves le berçaient. Peut-être revoyait-il en songe les traits gracieux de Violet, sa démarche à la fois déhanchée et charmante, ses yeux d’azur brillant, où l’émotion piquait des points lumineux. Ou bien encore sa pensée errait dans les traces de ces inconnues, Sara de la Roche-Sonnaille, Mona Labianov ; ces fugitives qu’il ne connaissait même pas de nom la veille, et pour lesquelles, au cours de sa laborieuse enquête, lui étaient poussés des sentiments de fraternelle affection. ”
