Résumé

Pierre Bion Le Doigt du commissaire, ou les Progrès de l'époque… (1873)

Si j'étais à votre place, père Marcel, je sais bien ce que je ferais.
— Eh ! que feriez-vous, M. Goby ?
— Je dirais carrément à madame ma femme que je veux être le maître. N'est-ce pas une honte, qu'un homme de votre mérite ait besoin de la permission de son épouse pour prendre l'air deux ou trois fois par semaine, et qu'il ne puisse dépenser deux sols sans s'exposer à être malmené par la mère ou par la fille ! ! Car, père Marcel, on dit que votre Rosalie vous débite, le dimanche soir, et sans vous faire grâce d'un seul mot, tout le sermon du curé.
Source : Gallica

Pierre Bion Le Doigt du commissaire, ou les Progrès de l'époque… (1873)

J'ai soixante ans, monsieur, et un laboureur n'arrive pas à cet âge sans avoir acquis quelque expérience, sans avoir vu beaucoup de choses, et en avoir retenu quelques-unes.
— Ah ! fit Retor d'un ton piqué, et voudriez-vous nous dire quel a été le fruit de cette longue expérience ?
— Oui, monsieur, je vais vous le dire, tout tranquillement : L'expérience m'a appris que des laboureurs comme nous, ne peuvent être heureux qu'autant que le pain ne manque pas dans l'arche. Que voulez-vous ! nous sommes ainsi faits : pas de pain, pas de bonheur; la faim ne marche pas chez nous avec la joie.
Source : Gallica

Pierre Bion Le Doigt du commissaire, ou les Progrès de l'époque… (1873)

Legris tint la parole qu'il avait donnée à Rosalie. Pendant cinq jours ce ne furent que promenades à pied, en voiture et même en chemin de fer, car on alla visiter Saint-Cloud, Versailles et Fontainebleau. La vie était vraiment sans épines, et la fille du forgeron faisait la roue dans sa robe de soie, sans s'inquiéter ni de l'avenir, ni des larmes que l'on pouvait répandre à Marigny sur son manque de coeur, ou sur la perte de sa réputation. Hélas ! les plus belles fleurs se flétrissent en quelques jours, et les joies les plus grandes sont ordinairement les plus courtes.
Source : Gallica

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