Pierre Loti,
La mort de Philae
(1909)
“ Dans le réduit sombre, clos de pierres frustres, dans le si petit temple isolé où elle se tient seule, raide, debout et grande, avec sa tête trop énorme, son menton qui avance et sa haute coiffure de déesse, — on est forcément tout près d'elle. En la touchant, la nuit, on s'étonne de la trouver moins froide que l'air, elle devient quelqu'un, on sent peser sur soi l'insoutenable regard mort. Pendant le tête-à-tête, involontairement, on songe aussi aux alentours, à ces ruines dans ce désert, à ce néant partout, à ce froid sous ces étoiles. ”
