Pitre-Chevalier

Résumé

Pitre-Chevalier Aliénor, prieure de Lok-Maria… (1842)

L'effet d'une douche sur un homme en délire n'eût pas été plus efficace et plus soudain.
À la vue de cette victime de ses emportements, sauvée par son repentir, Liskoët s'arrêta pétrifié... Sa parole expira sur ses lèvres, comme la vague à qui Dieu dit : — Tu n'iras pas plus loin. Son bras foudroyant, levé sur Aliénor, s'abaissa en pressant celleci contre sa poitrine. Sa main glissa sur son front comme pour en chasser un nuage, et il retomba dans son fauteuil en murmurant :
— Que voulez-vous, Olarius?
— Mont sir ne m'afre-t-il pas temanté? dit le Lansquenet surpris.
Source : Gallica

Pitre-Chevalier Aliénor, prieure de Lok-Maria… (1842)

Et cette voix se fût éteinte tout à fait, si le regard de mademoiselle de Liskoet eût rencontré celui du baron.
Jamais, peut-être, le vieillard n'avait été plus farouche et plus terrible. Tout ce corps, épuisé par la douleur, sembla retrouver sa force dans le tressaillement qui l'ébranla. Il marcha vers Aliénor sans s'appuyer sur sa canne, ce qu'il n'avait pas fait depuis un an, et, d'un ton qui jeta la jeune fille à genoux comme un coup de tonnerre :
— Corps de Christ !
Source : Gallica

Pitre-Chevalier Aliénor, prieure de Lok-Maria… (1842)

Aussi la joie et la douleur, la crainte et l'espérance, le repentir et le remords se partageaient le coeur de la jeune fille. Envisageant tour à tour le terrible fantôme de son père, l'ombre souriante de la baronne et la figure inspirée du recteur ; flottante et ballottée entre les pieuses visions de son enfance et le culte sévère adopté par sa jeunesse, elle voulait céder à l'appel de la châtelaine, et obéir aux volontés du baron; tenir les serments faits pour elle, et ne pas épouser M. de La Noue; se sauver en un mot, mais sans perdre les autres.
Source : Gallica

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