Prosper Brugière baron de Barante

Résumé

Prosper Brugière baron de Barante Histoire de Jeanne d'Arc (1859)

« Eh bien ! seigneur Talbot, lui dit « le duc d'Alençon, vous ne vous attendiez « pas à cela ce matin ? — C'est la fortune « de la guerre, » répondit l'Anglais sans s'émouvoir. On lui montra ainsi qu'au comte
de Suffolk, déjà prisonnier depuis Jargeau, la prophétie de Merlin, qui avait annoncé que la France serait sauvée par une vierge.
La poursuite des fuyards dura longtemps, et ceux qui n'avaient pas de quoi se racheter étaient, comme à la coutume, traités bien cruellement. Jeanne n'endurait point avec patience cette méchanceté des gens de guerre.
Source : Gallica

Prosper Brugière baron de Barante Histoire de Jeanne d'Arc (1859)

Du reste, c'était toujours la même piété, la même modestie ; toujours de longues prières à l'église, qui la jetaient dans les larmes ; toujours le nom de Notre-Dame et de Dieu à la bouche ; toujours le même courroux
contre les gens de mauvaise conduite ou qui juraient par blasphème ; toujours la même assurance dans les promesses qu'elle faisait au nom de Messire.
Le bâtard d'Orléans avait sagement fait de venir à Blois, car les conseillers et surtout le chancelier délibéraient tout de nouveau pour savoir si l'on ferait une autre entreprise sur Orléans.
Source : Gallica

Prosper Brugière baron de Barante Histoire de Jeanne d'Arc (1859)

Huit cents Anglais armés de haches, de lances et d'épées, marchaient à l'entour.
Dans le chemin elle priait si dévotement, et se lamentait avec tant de douceur, qu'aucun Français ne pouvait retenir ses larmes. Quelques-uns des assesseurs n'eurent pas la force de la suivre jusqu'à l'échafaud. Tout à coup un prêtre perça la foule, arriva jusqu'à la charrette et y monta. C'était
maître Nicolas l'Oiseleur, qui, le cœur contrit, venait demander à Jeanne pardon de sa perfidie.
Source : Gallica

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