Raymond Koechlin

Résumé

Raymond Koechlin Les ivoires gothiques français… (1924)

Pour le visage, la régularité des traits concourt d'abord à sa noblesse et une belle forme allongée, pleine d'ailleurs et sans rien d'émacié, semble à la mode vers les dernières années de saint Louis ; mais, le sourire perçant, peu à peu l'ovale se détend ; ce sont les pommettes qui saillent, puis le bas de la face s'élargit, tandis que la bouche, les yeux, le nez, naguère forts et grands, se rapetissent, et l'on en arrivera au plein XIVe siècle au visage rond avec un menton en galoche et des traits tout menus qui s'écartent extrêmement de l'idéal aristocratique du début.
Source : Gallica

Raymond Koechlin Les ivoires gothiques français… (1924)

Quand l'or et la couleur en rehaussaient les habits, ces couples n'avaient rien à envier en fait d'élégance à ceux dont les plus habiles enlumineurs ornaient les pages des romans.
Ils leur ressemblent aussi par le mouvement et par la vie. On arguera que la rencontre d'un jeune homme et de son amie ne prête pas aux jeux d'une imagination désordonnée ; toujours le jeune homme s'avance, ses gants à la main, d'un pas alerte, vers la belle, mais avec quelle fantaisie l'ivoirerie a su varier les nuances de leur sentiment !
Source : Gallica

Raymond Koechlin Les ivoires gothiques français… (1924)

La Vierge, au long visage ovale, enveloppée dans un manteau qui lui couvre la tête et dont les plis se creusent en beaux sillons réguliers et profonds, à demi inclinée, est l'image même de la résignation à la volonté divine et nul imagier jusqu'alors, pas même aux portails des grandes cathédrales, n'avait plus délicatement rendu la nuance de son sentiment ; quant à l'Ange, le manteau croisé sur sa robe plissée en tuyaux d'orgue, le visage à la fois grave et souriant encadré de cheveux frisés, il apparaît tout droit, suivant la tradition, mélange heureux d'autorité et de charme juvénile.
Source : Gallica

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