Remy de Gourmont

Remy de Gourmont

Résumé

Portrait de Remy de Gourmont Remy de Gourmont Pendant l’orage

Au fait, est-ce que le soin de nommer une guerre appartient aux contemporains ? Est-ce que ce sont les contemporains qui baptisèrent la guerre de Cent ans ou même la guerre de Trente ans ? Laissons faire les historiens. Ils trouveront bien quelque chose qui sera accepté par tous. Pour les acteurs ou les témoins d’une guerre qui retentit dans le monde entier, il n’y a qu’un mot acceptable, au moins provisoirement, la Guerre. C’est celle-là, celle où l’on participe, celle que l’on voit se dérouler sous ses yeux, et non une autre. La guerre dont nous souffrons est la seule qui nous importe.
Source : Wikisource

Portrait de Remy de Gourmont Remy de Gourmont Pendant l’orage

Quand il croit s’être accroché à quelque souvenir, à quelque témoin d’hier, non encore pulvérisé, cette épave tout à coup échappe à ses doigts de fantôme et, fantôme elle-même, fond dans l’air épais, se répand en vapeur, en quelque chose de mou et de fluide, qui s’en va. Parfois ce pauvre être désemparé arrive à saisir un livre dans sa bibliothèque, un livre jadis aimé dont il se propose un grand plaisir, mais à mesure qu’il lit les pages de jadis, ce plaisir rancit, comme un parfum qui peu à peu tourne à l’aigre.
Source : Wikisource

Portrait de Remy de Gourmont Remy de Gourmont Pendant l’orage

On y vivrait désormais et surtout on y mourrait, mais la vie était si ennuyeuse que la mort était comptée pour peu de chose. J’en étais là de mes sensations de rêve péniblement rassemblées quand j’ai vu un jeune officier venu du front, qui me donna des impressions tout à fait réelles, mais pas absolument contradictoires à celles que j’avais rêvées. On a bien la sensation, là-bas, d’être établis dans la bataille, comme dans un état nouveau auquel on se fait, mais dont on ne prévoit pas la fin.
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature