Résumé

Portrait de Saint-René Taillandier Saint-René Taillandier La Serbie au xixe siècle. — II.…

En cette sombre année 1813, le héros qui occupe la scène n’est plus le vainqueur de Mischar, le « bon géant, » premier fondateur de la principauté, c’est le peuple serbe lui-même, le peuple obstiné, indomptable, qui cherche partout son prince dans la mêlée sanglante et pousse ces grandes clameurs par la voix de ses poètes : « Kara-George, Kara-George, où es-tu ? Où es-tu, insensé Kara-George ? Tu ne vois donc pas que les Turcs envahissent ton pays ? »
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Ce sont ici les grands jours de Kara-George, c’est dans cette crise effroyable qu’il s’est révélé à tous comme le vrai chef, le futur prince des Serbes. Un de nos vieux poètes a dit :
La guerre, c’est la forge où se font les couronnes. Le porcher de la Schoumadia y forgeât la sienne au milieu de la défaillance publique. Beaucoup d’esprits commençaient à se dire qu’une telle entreprise était une folie la Serbie contre la Porte ! une province contre un empire ! Kara-George eut foi dans le succès, et sa foi releva l’armée.
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Supposez que le vieillard soit non le père de Kara-George, mais simplement un allié ; l’espèce de folie qui a emporté le malheureux hors des lois de la nature n’a plus ni cause ni excuse. Supposez qu’il ait eu le temps de regarder son crime en face, de se le faire pardonner d’avance, de recevoir d’avance la bénédiction de sa victime ; Kara-George n’est plus qu’un personnage de théâtre, ce n’est pas le héros sauvage qui se révèle à nous dès le premier jour avec toutes les furies de haine, d’épouvante et d’horreur que l’oppression ottomane a déchaînées en lui.
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