Stéphanie-Félicité Du Crest comtesse de Genlis

Résumé

Stéphanie-Félicité Du Crest comtesse de Genlis Mémoires de Mme de Genlis... (1857)

Je n'ai jamais aime la danse qu'à la campagne ; je n'ai été aux bals à la cour et à la ville que pour avoir le bon air d'être invitée, et pour mettre un joli habit différent de ceux qu'on portait dans le monde. Il m'a toujours paru inconcevable d'attacher du prix à un talent dont on ne peut s'amuser seul, qu'il est impossible (lorsqu'on n'en fait pas son état) de porter a une certaine supériorité, et que la plus médiocre danseuse de l'Opéra possède toujours infiniment mieux que la femme de la société la plus exercée dans ce genre.
Source : Gallica

Stéphanie-Félicité Du Crest comtesse de Genlis Mémoires de Mme de Genlis... (1857)

Malgré toutes les louanges dont on m'accablait, et malgré ma grande jeunesse et mon inexpérience, un instinct de bon goût, né avec moi, me faisait sentir que ma mère prodiguait beaucoup trop ma harpe et mon chant. J'étais mal à mon aise dans ces brillantes sociétés, quoique j'y fusse caressée à l'excès. Je pensais deux choses : la première, qu'il ne faut se produire dans le grand monde que lorsqu'on peut y être à peu près comme les autres, pour la manière d'être mise, etc. ; la seconde, que sans mes talents on n'aurait eu aucune envie de m'attirer.
Source : Gallica

Stéphanie-Félicité Du Crest comtesse de Genlis Mémoires de Mme de Genlis... (1857)

M. le duc d'Orléans était fort gras, la chaleur était étouffante ; le prince, en nage et très-fatigué, demanda la permission d'ôter son col ; il se met à l'aise, déboutonne son habit, souffle, respire avec tant de bonhomie, d'une manière et avec une figure qui paraissent si plaisantes à ma tante, qu'elle fait un éclat de rire immodéré en l'appelant gros père; et ce fut, dit M. le duc d'Orléans , avec une telle gaieté et une telle gentillesse que de ce moment elle lui gagna le cœur, et il en devint amoureux.
Source : Gallica

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