Résumé

Portrait de Théophile Gautier Théophile Gautier Avatar, par Théophile Gautier. Édition spéciale pour la France… (1857)

Est-ce la soif du pouvoir qui vous tourmente? Avez-vous renoncé volontairement à un but placé hors de la portée humaine? — Vous êtes bien jeune pour cela. — Une femme vous a-t-elle trompé? »
« Non, docteur, » répondit Octave, « je n'ai pas même eu ce bonheur. »
« Et cependant, » reprit M. Balthazar Cherbonneau, « je lis dans vos yeux ternes, dans l'habitude découragée de votre corps, dans le timbre sourd de votre voix, le titre d'une pièce de Shakspeare aussi nettement que s'il était estampé en lettres d'or sur le dos d'une reliure de maroquin. »
Source : Gallica

Portrait de Théophile Gautier Théophile Gautier Avatar, par Théophile Gautier. Édition spéciale pour la France… (1857)

Je n'ai pas le courage de me lever et de m'enfoncer au désert immense ou dans la Babel tumultueuse des hommes. »
« Quelquefois, quand, la nuit, je ne puis dormir, je pense à Prascovie ; — si je dors, j'en rêve ; — oh ! qu'elle était belle ce jourlà, dans le jardin de la villa Salviati, à Florence! — Cette robe blanche et ces rubans noirs, — c'était charmant et funèbre! Le blanc pour elle, le noir pour moi ! — Quelquefois les rubans, remués par la brise, formaient une croix sur ce fond d'éclatante blancheur ; un esprit invisible disait tout bas la messe de mort de mon coeur. »
Source : Gallica

Portrait de Théophile Gautier Théophile Gautier Avatar, par Théophile Gautier. Édition spéciale pour la France… (1857)

Au bruit des pas du comte, le docteur releva la tête.
« Ah! c'est vous, mon cher Octave; j'allais passer chez vous; mais c'est bon signe quand le malade vient voir le médecin.
— Toujours Octave ! dit le comte, je crois que j'en deviendrai fou de rage ! » Puis, se croisant les bras, il se plaça devant le docteur, et, le regardant avec une fixité terrible:
« Vous savez bien, monsieur Balthazar Cherbonneau, que je ne suis pas Octave, mais le comte Olaf Labinski, puisque hier soir vous m'avez, ici même, volé ma peau au moyen de vos sorcelleries exotiques. »
Source : Gallica

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