Résumé

Various L'Illustration, No. 2502, 7 février 1891

Meissonier, grand seigneur dans sa vie, grand dépensier, ne fut jamais un homme d'argent; il jeta au feu ou effaça sans hésiter des toiles qu'on voulait couvrir d'or. Tant qu'il ne se déclarait pas satisfait de son œuvre, l'acheteur, prince ou marchand, suppliait en vain, le maître restait inflexible. Conscience admirable, mais, il faut le dire, parfois funeste à l'œuvre même, car l'artiste n'est pas toujours le meilleur juge de ce qu'il fait; et il lui arrive parfois de détruire, alors qu'il croit ajouter à ses créations.
Source : Gutenberg

Various L'Illustration, No. 2502, 7 février 1891

Le vent montait de la rivière. Et Désirée était charmante, tête nue, la taille cambrée, les bras écartés pour nouer ses cheveux d'or.
C'est précisément à quoi réfléchissait un jeune meunier qui, sans quelle l'aperçût, s'était accoudé à la lucarne du moulin.
De tout temps les meuniers ont passé pour philosophes et méditatifs. Je parle de ceux des hauteurs, leur métier les y porte. Ils tiennent de l'ermite et du guetteur de phare. Une partie de leur vie se passe à attendre, l'autre à laisser travailler le vent. Ils voient de grands horizons, et les choses petites en-dessous d'eux.
Source : Gutenberg

Various L'Illustration, No. 2502, 7 février 1891

A Paris, on a son individualité, sa physionomie, son caractère, ses idées, ses opinions, ses sentiments. En Province, il est défendu d'en avoir, ou du moins d'en montrer; tout est coulé dans le même moule, tout est de convention. Le grand art, unique, qui résume tout le secret de la vie en province, c'est l'abstraction complète de la personnalité; ces gens si curieux et si bien informés ne donnent jamais leur avis sur rien et sur personne.
Source : Gutenberg

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