Résumé

Émile Daireaux Revue des Deux Mondes T. 13, 1876

Quoi qu’il en soit, cette usine est la seule qui dénote dans ce vaste et riche pays un progrès réel sur la pratique d’un siècle entier d’immobilité et de routine qui épuisait les troupeaux sans les utiliser.
En somme, si nous considérons les richesses sans nombre, multipliantes à l’infini, des pampas de l’Amérique du Sud, et l’emploi misérable qui en est fait, il faut convenir qu’il y a dans le système d’exploitation un vice profond, et que là plus qu’en aucun lieu du monde l’homme gaspille sans profit les trésors que la nature a mis à sa portée.
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Émile Daireaux Revue des Deux Mondes T. 13, 1876

Le système général appliqué à toutes les colonies était la défense absolue d’exporter autre chose que de l’or. Le revenu des mines était divisé par tiers entre le roi d’Espagne, ses représentans dans le pays et le colon ; le tiers abandonné à celui-ci ne pouvait être employé par lui à autre chose qu’à payer les objets qu’il tirait de la métropole pour sa consommation. Gréer une industrie quelconque dans la colonie lui était défendu, améliorer son sort lui était impossible ; l’agriculture elle-même lui était interdite par des règlemens rigoureux.
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Émile Daireaux Revue des Deux Mondes T. 13, 1876

La première nuit est forcément très inquiète : hommes et chevaux sont trop disposés à dormir, les bœufs au contraire ne pensent qu’à se lever, à mugir ou à s’échapper, et le capataz, sur qui pèse la responsabilité, n’a pas le droit de se reposer un seul instant. Comment dépeindre les nuits d’orage où le vent souffle soulevant un épais nuage de poussière suivi bientôt des éclairs, de ce tonnerre sans fin de la pampa et d’une pluie torrentielle ? Le troupeau fuit alors sous le vent, comme un navire qui lâche ses voiles et se laisse porter hors de sa route, mais loin du danger
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