Émile de Girardin,
Pouvoir et impuissance. Questions de l'année 1865
(1867)
“ La séparation remet chacun à la place qui lui appartient. L'État n'a plus devant lui que des citoyens. Il n'a plus à craindre le murmure des consciences; il n'a plus à s'inquiéter de ces ennemis invisibles qui le minent et l'affaiblissent. Maîtresse de ses mouvements, l'autorité y gagne en force et en respect ; c'en est fait de ces guerres de sacristie qui sont la lèpre des religions d'État. L'union lui aliène l'Église, la séparation la lui donne. La conscience regimbe quand elle sent la main de l'Etat; elle aime un pouvoir qui lui garantit la liberté. ”
