Émile de Perceval

Résumé

Émile de Perceval Montesquieu et la vigne (1935)

Montesquieu a-t-il vu pratiquer cet usage ?
A Raymond certainement. A La Brède, dans ses métairies, c'est probable, et c'est à souhaiter — ne fût-ce que pour la beauté de la scène, beauté des mouvements, grâce des attitudes, jeux de force et de souplesse dans cet effort de l'homme qui s'en va, le cou tendu, la tête penchée en avant, la charge pesant sur son front, au pas relevé, léger, et, par un mouvement plein de grâce, fait basculer le basteau dans le « douil » qui l'attend, installé au bout du rang de vigne, sur la charrette.
Source : Gallica

Émile de Perceval Montesquieu et la vigne (1935)

La masse imposante du château de La Brède se mire toujours dans les eaux courantes et limpides de l'étang sans joncs qui l'entoure, faisant comme une immense douve qu'une succession de ponts — cinq jadis, trois aujourd'hui — coupe en un point, reliant l'édifice à la terre. Autour des bords, un pré où s'érige au milieu une stèle surmontée de la boule du monde, que décore une flèche de fer — la signature de Montesquieu qu'est pour nous ce cadran solaire — témoignage encore présent de l'homme de sciences qu'était cet homme de lettres.
L'édifice lui-même est massif.
Source : Gallica

Émile de Perceval Montesquieu et la vigne (1935)

L'automne est là, et, tandis que les feuilles commencent à s'empourprer dans la ramure des bois, la vigne, elle, alourdie par son fruit, laisse pendre bas ses grappes, longues, fournies et gonflées de vin, qui s'écroulent en cascades appétissantes le long des ceps, perçant le fourré du feuillage.
Le soleil est encore chaud durant le milieu du jour, mais les matinées, les soirées, les nuits, sont fraîches, et le raisin ne mûrit plus : il est à point.
Dans le village, petits et grands sont aux aguets : femmes, enfants et vieillards attendent impatiemment le moment
Source : Gallica

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