“ Ayant glorifié cet impérissable Roudra, que ses œuvres formidables rendent terrible, et ayant fait l’añjali, il s’adressa en ces termes au magnanime Mahâdeva, 306. Le Dronide dit : Ô Adorable, je verse sur le feu (du sacrifice) , cette âme qui est la mienne, à moi né dans la famille d’Angiras. Accepte-moi présentement en qualité d’offrande. 307. Ô Mahâdeva, âme universelle, je me présente devant toi dans cette adversité, par dévotion pour toi, et l’esprit livré à la méditation la plus profonde. 308. En toi sont tous les êtres, et tu es dans tous les êtres. ”
Mahadeva
Définition et enjeux
Citations sur “Mahadeva”
“ Le magnanime Mahâdeva, s’étant sacrifié lui-même dans le sarvamedha, devint le dieu des dieux. Après avoir créé et parcouru tous les mondes, vêtu de peaux (comme les ascètes) , il est brillant et resplendissant de gloire. ”
“ Mahâdeva fut prié par les dieux, Brahma en tête, ô roi, et par les rishis voués à l’ascétisme, (de mettre ordre) à ce que faisait ce rishi. (Ils lui dirent) : « Tu dois, ô dieu, l’empêcher de danser. » 2228. Le dieu Mahâdeva, voyant le mouni extrêmement joyeux, lui dit, pour être agréable aux (autres) divinités : 2229, 2230. Oh ! oh ! brahmane qui connaît les devoirs, pourquoi danses-tu ? De quelle espèce est la cause de la joie excessive qui t’anime, toi qui suis la voie de l’ascétisme, ô le plus grand des brahmanes ? ”
Théophile Gautier,
Partie carrée
“ Mahadeva, à qui un fleuve sort du cerveau et dont les bracelets sont faits de vipères, luttait avec le difforme Tripurasura; Garuda faisait palpiter ses ailes, aiguisait son bec de perroquet et ses serres d'aigle.C'était tout ce que permettait de distinguer la lampe suspendue devant la statue de Shiva; dans les profondeurs de la salle, baignées d'une ombre rougeâtre, l'œil ne pouvait, hors du cercle lumineux, saisir que des formes vagues, des enlacements inintelligibles, un mélange affreux de bras, de jambes, de têtes de dragon et de monstres de toute espèce. ”
Edouard Schuré,
Revue des Deux Mondes
“ En parlant ainsi, Krishna regarda ses disciples avec douceur et bienveillance. Ardjouna s’écria : — Seigneur ! tu es notre maître, tu es le fils de Mahadéva ! Je le vois à ta bonté, à ton charme ineffable plus encore qu’à ton éclat terrible. Ce n’est pas dans les vertiges de l’infini que les Dévas te cherchent et te désirent, c’est sous la forme humaine qu’ils l’aiment et t’adorent. Ni la pénitence, ni les aumônes, ni les Védas, ni le sacrifice ne valent un seul de tes regards. Tu es la vérité. Conduis-nous à la lutte, au combat, à la mort. ”
Théophile Gautier,
Partie carrée
“ Ni Parvati, la femme de Mahadeva, ni Misrakesi, ni Menaca n'égalaient en beauté la jeune Indienne, qui s'avança vers Volmerange, pétrifié de surprise, en faisant bruire dans sa marche ses colliers, ses bracelets et les clochettes de ses chevilles.La poésie mystérieuse de l'Inde semblait personnifiée dans cette belle fille, éclatante et sombre, délicate et sauvage, luxueuse et nue, faisant appel à toutes les idées et à tous les sens; aux idées par ses tatouages et ses ornements symboliques; aux sons par sa beauté, son éclat et son parfum ”
Auguste Barth,
Les religions de l'Inde
(1879)
“ Ils n'auront qu'à l'adopter pleinement, qu'à infuser pour ainsi dire leur théologie et leur métaphysique à cette figure sauvage si vivante dans la conscience populaire, et elle sera réellement Mahâdeva, le Grand dieu. ”
“ À la vue même du héros, le Dieu à l’arc Pinâka, qui fait du taureau son enseigne, était rentré dans l’invisibilité, comme le soleil du monde, quand il est parvenu à la montagne du couchant. 1664. Arjouna, l’immolateur des héros ennemis, fut transporté de la plus vive admiration ; il se disait, Bharatide : « J’ai donc vu Mahadéva en personne ! 1665. » Je suis heureux, je suis favorisé du ciel, moi, qui ai vu sous une forme et qui ai touché de ma main Hara aux trois yeux, le Dieu à l’arc Pinâka, le donateur des grâces ! 1666. ”
Vatsyayana, Théologie hindoue. Le Kama soutra
“ A ce moment la lune versait un filet argenté sur les bosquets de Vrindavan et paraissait une goutte de sandal liquide sur la face du ciel qui souriait comme une jeune beauté; les nombreuses taches qui noircissent sa surface semblaient accuser ses remords d'avoir aidé les jeunes filles amoureuses à perdre l'honneur de leurs familles. Avec l'image d'un faon noir couché sur son disque, elle avançait dans sa course nocturne; mais Mahadéva n'avait point encore dirigé ses pas vers la retraite de Radha ”
Caturbhuja Miśra, Théologie hindoue. Le "Prem Sagar"… (1893)
“ Alors le divin Krishna décrocha toutes ses flèches, et, mettant les ennemis hors de combat, tailla en pièces l'armée des Assuras, comme un moissonneur fauche un champ. A cette vue, Mahadéva se dit : « Nous ne pouvons triompher que par un bouleversement qui entraînera la destruction de l'univers. » Alors Skanda monta un paon et, du haut des airs, il déchargea ses traits sur l'armée de Krishna. Mais Pradyumn lança une flèche qui atteignit le paon, et Skanda tomba. A cette vue, Banasur furieux banda cinq arcs, mit sur chacun deux flèches, et fit pleuvoir toutes ces flèches sur Krishna. ”
“ Certes, ô taureau des Bharatides, je connais réellement Mahâdeva, ainsi que les différents exploits qu’il a accomplis jadis. 768. Il est le commencement, le milieu et la fin des êtres, ô Bharatide. C’est par son impulsion (seule) , que ce monde entier se meut. 769. Jadis (Brahma) , le puissant ancêtre du monde, voulant procéder à la création des êtres, le vit et lui dit : « Hâte-toi de créer les êtres. » 770. Le grand ascète aux cheveux fauves, qui connaissait les défauts (futurs) des créatures, ayant répondu : « Soit », se plongea dans l’eau et s’y livra longtemps à l’ascétisme. ”
“ Aroundhatî pratiquait aussi, (au lieu où ils l’avaient laissée) , un ascétisme ininterrompu. Ayant vu Aroundhatî continuellement adonnée aux austérités, 2799, 2800. Varada (Çiva, qui comble les vœux) aux trois yeux vint (vers elle) . Le très glorieux dieu Mahâdeva, très satisfait, s’étant approché d’elle après avoir pris la forme d’un brahmane, lui dit : « Ô belle, je désire une aumône. » Alors cette femme charmante à voir, répondit au brahmane : 2801. « Ô prêtre, mon amas de grain est épuisé ; mange des jujubes. » Mahàdeva lui répondit : « Fais cuire celles-ci, ô femme aux beaux vœux. » ”
“ Krishna lui expose comment eut lieu la création des êtres, pour lui faire comprendre la grandeur de Mahàdeva, et lui dit que c’est grâce à la faveur que ce grand Dieu a accordée au fils de Drona, que le meurtre de ses fils et de son armée a pu avoir lieu. ”
Société asiatique, Introduction du Buddhisme dans le Kashmir
“ Du reste, il n’est guère possible que Madhyântika et Mahâdêva aient été confondus : trop de documents établissent leur indépendance mutuelle et leur individualité distincte. Mais il importe de noter la différence de ton qui existe entre le Mahâvanso et les buddhistes du Nord sur tous ces personnages. Le livre pâli nous les présente comme des hommes d’une pureté parfaite, des missionnaires qui vont, d’un commun accord, prêcher la doctrine de leur maître : les documents du Nord nous obligent ou nous autorisent à voir en eux des hérétiques, ou du moins des proscrits. ”
Alfred Roussel, Cosmologie hindoue, d'après le Bhâgavata Purâna (1898)
“ Il y a d'ailleurs entre le panthéisme de l'Inde ancienne et celui de la moderne Allemagne des points de contact assez nombreux; l'erreur ne se mentant pas toujours ni en tout à elle-même. Mahâdeva, c'est-à-dire Çiva dit un jour à Vishnu : « Tu es à la fois la cause et l'effet, la dualité et l'unité ; mais comme l'or est identique à lui-même, qu'il soit brut ou travaillé ; ainsi, il n'y a pas en toi de distinction essentielle ; ce sont les hommes ignorants qui voient en toi une double nature, parce que les modifications de ton essence, exempte d'attributs, sont l'œuvre des qualités (4) . » ”
Charles Robert Maturin,
Melmoth ou l’Homme errant
“ Moitié brillant, moitié horrible ; invoquant la nature en même temps qu’il l’outrage ; mêlant les fleurs avec le sang, et jetant devant le char de l’idole, tantôt un enfant en pleurs, et tantôt une guirlande. Le temple de Mahadeva ne lui offrit pas un spectacle moins horrible ; nous épargnons au lecteur la description des mères sacrifiant leurs enfans, et des enfans exposant leurs parens décrépits aux tigres et aux crocodiles. Il suffira de dire, qu’après l’avoir contemplé pendant quelque temps, Immalie couvrant ses yeux de ses deux mains, resta muette de douleur et d’horreur. ”
Paul Oltramare, L'histoire des idées théosophiques dans l'Inde (1906-1923)
“ Après avoir dit que la création primordiale se produisit sans qu'il y ait eu un acte de volition, — et en effet la volition est du domaine de la buddhi, et la création première, ayant eu pour effet de créer le premier des dérivés, c'est-à-dire précisément la buddhi, n'a pu être précédée d'une volition, — Mahâdeva est obligé d'ajouter qu'en conséquence cette première création s'est faite sans qu'il y ait eu de « dominateur réel» 1, et que c'est par métaphore qu'on peut parler d'une domination de l'âme au moment de la première évolution. ”
Collectif, Recherches asiatiques
“ Par le mont Mérou, suivant la plupart des mythologistes. Voyez ci-dessus la note 419 page 235. (91) Mahâdêva [grand dieu] : c’est un des surnoms de SI va, la troisième personne de la Trinité indienne. Il porte, en effet, un trident nommé trisôula, pour indiquer sa puissance dans le ciel, sur la terre et dans l’enfer. Ce trident ressemble beaucoup à celui que les Égyptiens plaçoient sur le front de leur Osiris ou Soleil, le même que Sîva, Mahâdêva et Bacchus. Les Saiva ou Sivaya [les sectateurs de Siva] portent ce signe sur le front ou sur la poitrine. ”
Charles Robert Maturin,
Melmoth ou l’Homme errant
“ « Vous voyez, » dit-il, « les côtes des Indes, les rivages du monde qui est près de vous. Cet édifice énorme sur lequel votre œil se fixe le premier, est la noire pagode de Juggernaut. À côté de cette pagode, vous voyez une mosquée turque ; elle se distingue par l’emblême d’un croissant qui surmonte le toit. Non loin de là est un bâtiment peu élevé, couronné d’un trident : c’est le temple de Mahadeva, une des anciennes déesses du pays. » « Mais, que m’importent les maisons ! » dit Immalie ; « montrez-moi les êtres vivans qui s’y rendent. » ”
“ Alors Bhagavant, (apaisé) , jeta dans l’Océan sa colère, qui, ô roi, s’étant transformée en feu, dessèche constamment (l’excédent des eaux) de la mer. 807. Il rendit ses deux yeux à Bhaga, ses deux bras à Savitar et ses dents à Poûshan. (Il rendit aussi aux dieux) leur sacrifice, ô fils de Pândou. 808. Tout rentra alors dans l’ordre, et les dieux lui assignèrent pour sa part la totalité du sacrifice. 809. Quand il est irrité, le monde entier est en désordre, et quand (Mahâdeva) est apaisé, l’ordre renaît. ”
Jules Labarte, Description des objets d'art qui composent la collection Debruge-Duménil… (1847)
“ L'artiste a donc représenté chacun des modes par un sujet qui s'y rapporte. Ainsi les deux premiers modes bhaîroun et bltaïrouï, qui sont usités dans les chants religieux, sont figurés, le premier par de jeunes filles occupées à charmer les loisirs du grand dieu Mahadeva, le second par de jeunes Indiennes en adoration devant le Linga. Chaque dessin est accompagné de quelques vers qui en donnent l'explication ”
“ Aussi, si je recule dans le combat, c’est par l’ordre du Destin, 247. Sans le concours duquel on ne peut rien faire. (La situation étant telle) , je vais implorer la protection du puissant Mahâdeva. 248. Il détournera (de ma tête) ce terrible bâton du Destin, (levé sur moi pour me châtier) . Je m’adresserai à Kapardin (Çiva) , dieu des dieux, époux d’Oumâ, à Anâmaya (Çiva sain) , 249. À Roudra (Çiva) , qui porte une couronne de crânes, à Hara (Çiva destructeur) , à Bhaganetrahara (Çiva qui a le soleil pour œil) , car ce dieu surpasse les (autres) dieux en ascétisme et en force. ”
Caturbhuja Miśra, Théologie hindoue. Le "Prem Sagar"… (1893)
“ Depuis leur naissance, ils ne sont que des mendiants. Brahma, pendant les huit veilles de la journée, est enseveli daas la méditation. Mahadéva est toujours ivre. Indra ne peut rien contre toi. Reste Narayana, qui est étranger à l'art de la guerre et se livre toujours à un doux repos près de Laksmy. Pour l'abattre, il suffira de frapper ses serviteurs, au sein desquels il réside toujours, Brahmanes, Joguis, Ermites, Sanyassis, etc. N'épargne 1 On fait là de Kansa un impie, un ennemi des dieux en général, tandis qu'ailleurs on le représente cemme attaché à Siva. ”
Le Bhâgavata Purâna, ou Histoire poétique de Krichna
“ Abordant le sage qui debout, les mains jointes et la tête inclinée en signe de respect, était absorbé dans la contemplation des pieds de Krĭchṇa, Sunanda et Nanda, ces deux serviteurs estimés du Dieu dont le nombril est un lotus, lui dirent en souriant : 23. Salut, ô roi, et que le bonheur soit avec toi ! Écoute avec attention nos paroles. Le Dieu que dès l’âge de cinq ans tu t’es rendu propice par tes austérités, 24. Le Dieu qui soutient l’univers, qui porte l’arc de corne, ce Dieu, c’est Bhagavat notre maître, et c’est pour te conduire dans sa demeure que nous sommes venus ici. ”
Le Bhâgavata Purâna, ou Histoire poétique de Krichna
“ Ceux dont n’est pas satisfait le bienheureux Djanârdana qui a pour attribut le sacrifice, se fatiguent en efforts dont le résultat est stérile, parce qu’ils ne respectent pas celui qui est l’âme même [de toutes choses] . 14. Le Manu dit : Puissé-je, ô toi qui détruis le péché, ne pas m’écarter des commandements de Bhagavat ! Daigne cependant, ô Seigneur, m’accorder en ce monde une habitation pour moi et pour les créatures. 15. La terre qui est la demeure de tous les êtres, est submergée dans le grand océan ; fais un effort, ô Dieu, pour que cette divine terre soit retirée de l’Abîme. ”
Le Bhâgavata Purâna, ou Histoire poétique de Krichna
“ Insensé que j’étais ! j’ai choisi pour mon écuyer le Seigneur suprême qui donne la vie et dont les bienheureux adorent les pieds pour obtenir leur salut ! lui dont la puissance empêcha mes ennemis montés sur leurs chars de songer à s’emparer de moi, lorsque l’épuisement de mes chevaux m’avait forcé de descendre à terre. 18. Ô roi des hommes ! les paroles enjouées de Mâdhava (Krĭchṇa) embellies par un noble et gracieux sourire, ces entretiens pleins de tendresse, ces mots : Ô Pârtha, ô Ardjuna ! ô mon ami ! ô joie de la race de Kuru, tous ces souvenirs enfin agitent mon cœur. ”
Le Bhâgavata Purâna, ou Histoire poétique de Krichna
“ Cette essence éternellement heureuse, exempte de chagrin, qu’on appelle Brahma, c’est l’essence même de Bhagavat, l’Esprit suprême, sur lequel les ascètes n’ont qu’à fixer leur cœur pour atteindre, sans avoir besoin de faire aucun effort, à l’absence de toute distinction, comme Indra (le Dieu de la pluie) , qui resplendissant par lui-même, ne prend pas la houe pour creuser un puits. ”
Alfred Roussel, Cosmologie hindoue, d'après le Bhâgavata Purâna (1898)
“ A la vue de cet enfant merveilleux qu'il reconnaît à ses insignes, pour un avatar de Bhagavat, Vasudeva s'incline, joint les ma'ns et célèbre les louanges de Dieu fait homme : « Je sais que tu es le Purusha lui-même, supérieur à la Nature, celui dont l'essence est unité, science et félicité, qui voit dans tous les cœurs. C'est toi qui au commencement créas cet Univers (3) .. Devaki, à son tour, adora son nouveau-né : « Cet être dont les Védas disent qu'il est indistinct, primitif, Brahme.. , c'est toi. Tu es Vishnu en personne, le flambeau des êtres intellectuels (4) . » ”
Le Bhâgavata Purâna, ou Histoire poétique de Krichna
“ Quel homme de goût pourrait se rassasier d’entendre l’histoire de ce Dieu, l’asile suprême assuré à la méditation des âmes élevées, de ce Dieu dont les maîtres du Yoga, avec Bhava (Çiva) et Pâdma (Brahmâ) à leur tête, ne purent compter jusqu’au bout les qualités, quoiqu’il n’en possède en réalité aucune ? 15. Savant Sûta, toi qui as fait de Bhagavat l’objet exclusif de tes adorations, raconte-nous dans tous ses détails, maintenant que nous désirons l’entendre, la glorieuse et pure histoire de Hari, l’asile suprême assuré à la méditation des âmes élevées. ”
