“ On se souvenait qu'un berger d'Argelès, en parlant, du rocher de Massabielle, avait prédit que de grandes choses se passeraient là. D'autres enfants tombaient en extase, les yeux grands ouverts, les membres secoués de convulsions; mais eux voyaient le diable. Un vent de folie semblait passer sur la contrée. Place du Porche, à Lourdes, une vieille dame déclarait que Bernadette n'était qu'une sorcière et qu'elle avait vu dans son œil la patte de crapaud. ”
Citations sur “Massabielle”
René Basset,
Contes populaires d’Afrique
“ Alors l’oiseau remplit de lait tous les pots à bière. Ils commencèrent à manger et quand ils eurent fini, Masilo donna cet avertissement à ses enfants : — Gardez-vous bien de dire quoi que ce soit de cela, pas même à un de vos compagnons. Ils lui jurèrent qu’ils n’en diraient rien. Masilo et sa famille vécurent alors grâce à l’oiseau. Les gens étaient surpris quand ils le voyaient avec sa famille ; ils disaient : — Comment se fait-il qu’on soit si gras dans la maison de Masilo. Il est si pauvre ! mais, maintenant, depuis que son jardin a apparu, lui et ses enfants sont si gras ! ”
Les Apparitions de Lourdes, souvenirs intimes d'un témoin… (1899)
“ Les magnificences dont il a décoré le mamelon de Massabieille suffiraient à elles seules pour illustrer un homme dont l'ambition se bornerait aux gloires de la terre. Le talisman du P. Sempé pour faire réussir ses projets et protéger ses entreprises, c'était le chapelet. La couronne de Marie ne quittait jamais ses mains, et lorsque dans les réunions pieuses il en récitait les douces invocations, il faisait monter les âmes vers les régions supérieures. Tout pour Dieu : voilà quelle était la devise de sa vie, et cette devise a été entendue sur ses lèvres à l'heure même de sa mort. ”
Paul de Musset,
Oeuvres de Paul de Musset : originaux du XVIIe siècle…
(1880)
“ Ce jeune seigneur était naturellement mélancolique. Il avait peu de brillant dans l'esprit, mais du bon sens par-dessus toutes choses et une noblesse accompagnée d'un grand feu de cœur, qui en faisaient un de ces personnages tendres et chevaleresques à inspirer de fortes passions aux femmes. Ayant eu le loisir de juger les Français, il ne donna point dans le travers des gens de la Flandre, qui avaient alors la manie de singer notre cour le plus gauchement du monde. Il s'était dit souvent : — Pour agir comme un Massaube, il faut être Massaube lui-même ou l'un de ses pareils. ”
Les Apparitions de Lourdes, souvenirs intimes d'un témoin… (1899)
“ Je n'ai pas besoin de rappeler que le baron Massy ne voyait dans le surnaturel divin ou diabolique qui se manifestait à Massabieille qu'un assemblage confus de fourberies et de pantomimes. Il était donc naturellement porté à faire la guerre à ce qu'il croyait être une vaine superstition; mais en se mettant en avant, il ne s'aperçut pas qu'il obéissait moins à son propre mouvement qu'aux impulsions d'une volonté supérieure., Se l'appelant l'insuccès de ses premières entreprises, le baron Massy était devenu circonspect. ”
Les Apparitions de Lourdes, souvenirs intimes d'un témoin… (1899)
“ Comme il était le premier prêtre qui se fût montré à Massabieille, les assistants eurent les yeux fixés sur lui, et après son départ il devint l'objet de mille commentaires. « C'est un envoyé de l'évêque,... c'est un espion de la police,... c'est un ami,... c'est un ennemi, » se disait-on les uns aux autres, et la journée se passa en hypothèses sans que le mystère pût être débrouillé. ”
Antoine Bayle, Massillon, étude historique et littéraire… (1867)
“ Persuadé qu'en s'adressant aux incrédules, il prêcherait pour les absents, Massillon composa la plupart'des sermons de son grand Carême pour les deux classes d'auditeurs qui entouraient sa chaire, soit dans la chapelle de Versailles, soit dans les diverses églises de Paris : pour les pécheurs qui avaient besoin d'être excités à un vif repentir, premier gage d'une conversion sincère, et pour les âmes tièdes, dont la piété languissante avait besoin d'être excitée à de plus généreux élans vers la perfection. ”
Bonnet Attaix, Étude sur Massillon : thèse pour le doctorat… (1882)
“ Massillon répondit à ces deux sortes d'incrédulité. Il réfuta la plus vulgaire, en montrant la bassesse de son origine et les dangers de ses conséquences. Les incrédules se faisaient honneur d'une grande force de caractère; secouer le joug de la religion était à leurs yeux le fait d'un génie élevé ; croire à Dieu et aux dogmes révélés passait pour faiblesse de cœur et pour petitesse d'esprit; au plus, était-ce bon pour des femmes et des enfants, pour le peuple et les gens de petite naissance. ”
Bonnet Attaix, Étude sur Massillon : thèse pour le doctorat… (1882)
“ Il ne blesse et n'offense personne, et en même temps il a d'étonnantes hardiesses qu'on souffrirait à peine de nos jours : « Rassurez-vous, disait le père Lacordaire à son auditoire de Notre-Dame, je vous traiterai comme Massillon traitait Louis XIV, dans la chapelle de Versailles (1) . » Or, Massillon n'épargnait guère quelquefois son royal auditeur. Il prêchait la pénitence, sans craindre de déplaire, à ce nouveau Théodose qui, ayant suivi David dans ses prévarications, devait l'imiter dans l'expiation de ses crimes. ”
Bonnet Attaix, Étude sur Massillon : thèse pour le doctorat… (1882)
“ Enfin l'avenir se présentait à Massillon sous un aspect non moins sombre, et bien des mots tombent de la bouche du grand orateur, qui présagent les troubles et les agitations futures de la société française. La peinture de ces sentiments de tristesse et de mélancolie répand dans ses œuvres une admirable onction. C'est par là qu'il nous plaît et nous charme. Nous aimons ces pages où, en termes émus, il fait l'histoire de notre propre cœur, et nous trouvons à cette lecture une secrète consolation. ”
Bonnet Attaix, Étude sur Massillon : thèse pour le doctorat… (1882)
“ Ce mercredi, 8 avril 1699. J'ai ouï aujourd'hui le père Massillon, pour la première fois de ma vie. Je reprends ma lettre où je l'ai interrompue le matin, pour vous dire que ce prédicateur est charmant par sa solidité, son onction, son ordre, sa netteté et sa vivacité d'élocution, et au milieu de tout cela, par son incomparable modestie. Il prêcha sur l'évangile de demain, qui est la femme à qui il fut beaucoup pardonné, parce qu'elle avait aimé beaucoup. ”
Antoine Bayle, Massillon, étude historique et littéraire… (1867)
“ Nous plaignons-nous devant Dieu, demande Massillon, de la faiblesse de notre chair et de ne pouvoir en faire, par des satisfactions rigoureuses, l'instrument de notre pénitence, comme elle l'a été de nos crimes ? La punissons-nous du moins selon ses forces, si notre lâcheté et sa faiblesse ne nous permettent pas d'aller au-delà? ”
René Basset,
Contes populaires d’Afrique
“ Mais quand Masilo entra dans la maison et ne put pas trouver l’oiseau, il devina où étaient les enfants, mais il n’en dit rien à leurs parents. Il fut bien attristé à cause de l’oiseau, parce qu’il savait qu’il avait perdu sa nourriture. Quand le soir arriva, les enfants se déterminèrent à rentrer à la maison, mais il arriva un orage de pluie et de tonnerre, et ils furent très effrayés. Parmi eux était un garçon brave, nommé Mosemanyamatong qui les encourageait en disant : — N’ayez pas peur ; je puis commander à une maison de se bâtir elle-même. ”
Antoine Bayle, Massillon, étude historique et littéraire… (1867)
“ Massillon confond la perfection , à laquelle tous les chrétiens doivent tendre, avec l'état de grâce, seul nécessaire pour être sauvé, lorsque il s'écrie : « Si vous faisiez attention que, devant aimer Dieu de tout votre cœur et de toutes vos forces, un seul désir qui ne peut se rapporter à lui vous souille, si vous le compreniez, vous vous trouveriez un monstre devant ses yeux. Si cela est ainsi, ô mon Dieu, qui donc pourra se sauver? Peu de gens, mon cher auditeur. » ”
Guy de Maupassant,
Clair de lune
“ Vers neuf heures, le docteur s’approcha seul, sans bruit, de l’entrée du bâtiment communal, persuadé que son adversaire était parti se coucher ; et, comme il se disposait à enfoncer la porte à coups de pioche, une voix forte, celle d’un garde, demanda tout à coup : — Qui va là ? Et M. Massarel battit en retraite à toutes jambes. Le jour se leva sans que rien fût changé dans la situation. La milice en armes occupait la place. Tous les habitants s’étaient réunis autour de cette troupe, attendant une solution. Ceux des villages voisins arrivaient pour voir. ”
René Basset,
Contes populaires d’Afrique
“ On raconte qu’autrefois, dans un certain endroit, il y avait une grande ville où vivaient beaucoup de gens. Ils vivaient uniquement de grains. Une année, il y eut une grande famine. Il y avait dans cette ville un pauvre homme nommé Masilo, et sa femme. Un jour, ils allèrent piocher dans leur jardin et ils continuèrent de piocher toute la journée. Le soir, quand la troupe des gens qui piochaient s’en retourna à la maison, ils s’en revinrent aussi. Alors vint un oiseau qui s’arrêta sur la maison qui était à côté du jardin et commença à siffler en disant : — Champ cultivé de Masilo, mélange-toi. ”
Guy de Maupassant,
Œuvres complètes de Guy de Maupassant - volume 07
“ Le 5 septembre au matin, le docteur en uniforme, son revolver sur sa table, donnait une consultation à un couple de vieux campagnards, dont l’un, le mari, atteint de varices depuis sept ans, avait attendu que sa femme en eût aussi pour venir trouver le médecin, quand le facteur apporta le journal.M. Massarel l’ouvrit, pâlit, se dressa brusquement, et, levant les deux bras au ciel dans un geste d’exaltation, il se mit à vociférer de toute sa voix devant les deux ruraux affolés:—Vive la République! vive la République! vive la République!Puis il retomba sur son fauteuil, défaillant d’émotion. ”
Bonnet Attaix, Étude sur Massillon : thèse pour le doctorat… (1882)
“ « Apparemment, dit l'abbé Hurel, l'auditoire et le prédicateur ne lui parurent pas toujours en parfaite harmonie, et, ne pouvant modifier l'un, il résolut de ne point imiter l'autre (2) . » Quelle éloquence jugeait-il donc convenir à ses auditeurs? Massillon place dans le cœur la source première de la persuasion : l'onction et la piété caractérisent son genre ; sa parole attire, touche et attendrit : il s'insinue peu à peu dans les âmes : un parfum de douce piété s'exhale de ses sermons. ”
Antoine Bayle, Massillon, étude historique et littéraire… (1867)
“ Massillon trace ensuite le portrait du prêtre avare. Pour le rendre plus repoussant, il grossit les traits et assombrit les couleurs. c Les plaintes et les murmures d'un pauvre peuple, vexé et opprimé par l'excès et la dureté de ses exactions, l'endurcissent loin de le toucher et de l'attendrir. Son cœur devient plus dur et plus insensible, à mesure que les cris des malheureux augmentent, et il redouble de barbarie envers ceux qui ont osé même nous en porter leurs plaintes. Qu'il voie son peuple frappé de mortalité, ne croyez pas qu'il soit occupé si leur mort sera précieuse devant Dieu ”
Paul Saunière,
Mamzell' Rossignol. Les compagnons de la guitare
(1878)
“ L'inconnue qui a payé la rançon de ce beau monsieur, c'est vous, mamzell' Rossignol. — Oui. Donc, comptez sur moi pendant trois mois encore, aux mêmes conditions que par le passé. Je tiendrai ma parole, vous n'en doutez pas. Vous, tenez la vôtre, je vous y engage, car, ce délai expiré, si vous y êtes infidèles, et si vous ne me rendez pas le papier maudit dont le hasard vous a rendus maîtres, j'irai droit au parquet, j'y raconterai ce que je viens de voir et j'invoquerai le témoignage de M de Lizerie. Il est trop juste, enfin, que le silence de l'un assure le silence de l'autre. ”
P.-A. Sanvert, Massillon (1891)
“ Massillon nous a donné une partie du secret de cette claire vue des âmes, en nous confiant qu'il se regardait pour voir autrui. Il fait le même aveu publiquement dans ce sermon sur la confession, sermon que Louis XIV trouva si beau. « Que craignez-vous, en nous racontant l'histoire de vos malheurs et de vos chutes?. Vous n'en direz jamais assez pour nous surprendre. Ah! nous ne savons que trop de quoi toute la corruption du cœur humain est capable : nous portons en nous la source et les penchants des mêmes faiblesses dont vous rougissez. » ”
Paul Saunière,
Mamzell' Rossignol. Les compagnons de la guitare
(1878)
“ M. de Lizerie, que nous ne connaissions nullement, que le hasard seul avait jeté sur nos pas, s'est mis en tête que nous étions de malhonnêtes gens et a parié avec un de ses amis qu'il nous ferait arrêter. — Que vous importe? répliqua mamzell' Rossignol. Qu'avez-vous à craindre ? — Tout, mademoiselle. Des pauvres diables de notre espèce ne pèsent pas lourd dans la balance de la justice. ”
Guy de Maupassant,
Clair de lune
“ Puis il retomba sur son fauteuil, défaillant d’émotion. Et comme le paysan reprenait : « Ça a commencé par des fourmis qui me couraient censément dans les jambes, » le docteur Massarel s’écria : — Fichez-moi la paix ! J’ai bien le temps de m’occuper de vos bêtises. La République est proclamée, l’empereur est prisonnier, la France est sauvée. Vive la République ! Et courant à la porte, il beugla : Céleste, vite. Céleste ! ”
Antoine Bayle, Massillon, étude historique et littéraire… (1867)
“ Croirait-on, dit ce critique, ordinairement si judicieux, que dans son sermon sur la certitude d'un avenir, qui est rempli d'ailleurs de beautés mâles et énergiques, Massillon réfute sérieusement et plus d'une fois l'objection frivole qui se fonde sur l'impossibilité de croire à une autre vie, par la raison que personne n'en est revenu ! ”
Bonnet Attaix, Étude sur Massillon : thèse pour le doctorat… (1882)
“ Il excusait aisément chez d'humbles laboureurs la rudesse, la grossièreté et même l'injustice; son plus vif désir était que le prêtre fût l'ami de ses paroissiens. Une parole énergique anime tous ses discours; Massillon semblait, au milieu des montagnes de l'Auvergne, avoir retrouvé la vigueur première de son génie ; son éloquence est simple, naturelle, sans apprêt; l'expression est juste, forte, les motifs pressants, les développements frappants de vérité et d'énergie. ”
Antoine Bayle, Massillon, étude historique et littéraire… (1867)
“ « L'enceinte des temples, dit Massillon, peut à peine suffire à la multitude des fidèles ; l'heure même des mystères terribles ne voit pas les autels environnés de tant d'adorateurs; les assemblées profanes cessent pour venir grossir l'assemblée sainte, au temps de l'instruction. » Mais il ne se fait pas illusion sur l'empressement de ses auditeurs. Comme il les connaît bien et avec quelle franchise il leur révèle les motifs qui ont amené la plupart d'entre eux au pied de la chaire ! ”
Antoine Bayle, Massillon, étude historique et littéraire… (1867)
“ Rappelant le succès du Petit-Cardme, qui passait alors pour le principal titre de gloire de Massillon, le précepteur du jeune monarque remercia le prédicateur du soin qu'il avait pris pour se mettre à la portée de son royal élève : « Il semble que vous ayez voulu imiter le prophète qui, pour ressusciter le fils de la Sunamite, se rappetissa pour ainsi dire. et qui, après avoir ainsi réchauffé l'enfant, le rendit à sa mère plein de vie. » En terminant son discours de réception Massillon avait exprimé ses regrets de ne pouvoir assister aux réunions des membres de l'Académie. ”
Guy de Maupassant,
Mont-Oriol
(1887)
“ Mazelli ? – Oui . Elle le regarda avec des yeux si chagrins qu' il se sentit bouleversé , il balbutia d' une voix suppliante . – Eh ... vous n' aimez ... personne ? Elle répondit , le regard baissé : – Je ne sais pas ... J' aime les gens qui m' aiment . Il saisit soudain les deux mains de la jeune fille et les baisant avec frénésie , dans une de ces secondes d' entraînement où la tête s' affole , où les mots qui sortent des lèvres viennent de la chair soulevée plus que de l' esprit égaré , il balbutia : – Moi ! je vous aime , ma petite Charlotte , moi je vous aime ! ”
Antoine Bayle, Massillon, étude historique et littéraire… (1867)
“ Dans le sermon sur les afflictions nous trouvons un passage que Massillon, assurément, n'a pas prononcé lorsqu'il a prêché sa première station devant la cour, en 1699, et qu'il a évidemment ajouté plus tard au texte primitif. La soudure, quoique très-habile, ne peut échapper à un regard attentif. Après avoir rappelé que Dieu éprouve ceux qu'il aime, Massillon console les affligés en leur disant que moins leurs afflictions ressemblent à celles des autres hommes, plus ils doivent les regarder comme les afflictions des élus de Dieu. ”
Honoré de Balzac,
Œuvres complètes de H. de Balzac…
“ Massimilla était si belle de confiance, si magnifique de beauté, si calmée par la présence d’Emilio, qu’en ce moment le prince éprouva, tout éveillé, les sensations de ce cruel rêve qui tourmente les imaginations vives, et dans lequel, après être venu, dans un bal plein de femmes parées, le rêveur s’y voit tout à coup nu, sans chemise ; la honte, la peur le flagellent tour à tour, et le réveil seul le délivre de ses angoisses. ”
