Juliette de De Robersart

Élements biographiques

Juliette de De Robersart,  Lettres d'Espagne (Nouvelle édition considérablement augmentée… (1879)

“ SAINT François de Sales dit excellemment qu'un voyage est l'image de la vie, ce campement plus ou moins bon avant l'éternelle arrivée !
Je mène de front mes deux voyages, celui d'Espagne et celui de l'éternité ; ils se ressemblent. Dans l'un comme dans l'autre, ceux que j'aime me quittent et disparaissent ; je tends la main à des inconnus, et ces inconnus à leur tour sont remplacés par d'autres. Les lieux, les relations, les idées, moi-même, tout change, tout se précipite, tout crie : Cours, hâte-toi. Courir, où donc ? à Cordoue, à Séville, en Afrique ?
”
Source : Gallica

Juliette de De Robersart,  Orient, Égypte : journal de voyage dédié à sa famille (1867)

“ Je me suis assise de longues heures au-dessus de la galerie des caryatides, et au pied de l'obélisque renversé. J'ai eu là bien des pensées tristes ; plût à Dieu qu'elles eussent été fortes et généreuses ! Les ruines m'attirent ; j'aime la poussière des siècles, et la puissante voix de Dieu dans l'immensité des solitudes jadis peuplées. Il est un moment dans la vie où le bonheur et l'image trompeuse de ce monde n'ont plus de reflet dans l'âme, et où la lyre presque brisée qui résonne en nous n'a qu'une note frémissante et désolée !
Thèbes possédait des statues d'or, d'argent.
”
Source : Gallica

Juliette de De Robersart,  Lettres d'Espagne (Nouvelle édition considérablement augmentée… (1879)

“ Mes cousines me comblent, me promènent, me nourrissent. Mes cousins, qui ne savent pas le français, mettent la main sur leur coeur, et me font dire par Trinidad qu'ils me baisent les pieds, tout cela d'un ton parfait et avec des manières qui étaient autrefois celles de la France. On croit encore ici à l'urbanité française et à l'esprit des salons de Paris.
Tous les jours j'admire davantage la cathédrale. Quelle merveille gothique, et quel temple de Salomon ruisselant de brocarts d'or, de marbre, de pierreries; et quels tableaux ! Le baptistère possède le chef-d'oeuvre de Murillo.
”
Source : Gallica

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