Résumé

A. Bazin Revue des Deux Mondes

Louis XIV n’aperçut sa figure qu’après la mort du cardinal Mazarin et le mariage du duc d’Orléans son frère, lorsqu’elle entra dans la maison de la nouvelle Madame, Henriette d’Angleterre. Celle qu’il aimait en 1659 était Marie Mancini, nièce du cardinal, qui avait le bonheur de plaire avec un visage fort laid, et dont on signale ici une des imperfections. Mme Motteville le dit d’ailleurs positivement : « Le peu de beauté de cette nièce fut célébré par un couplet que firent ces jeunes débauchés, qui eut grande vogue et qui n’était pas à sa gloire. »
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À la fin il tomba malade, et sa prison s’ouvrit (16 mai 1666) pour qu’il pût aller se faire traiter chez un chirurgien, d’où, bien que guéri, il eut permission (10 août) de retourner chez lui en Bourgogne, avec ordre d’y rester.
Le comte de Bussy avait alors quarante-huit ans, et il en avait encore vingt-sept à compter avant d’atteindre le terme d’une vie qui, pour la vigueur du corps comme pour la vivacité de l’esprit, paraît n’avoir été qu’une longue jeunesse. Vingt-sept ans de repos, d’inutilité, de délaissement ! L’orgueil, qui peut enfin servir à quelque chose, le sauva du désespoir.
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L’année d’après (1655) , il fallut retourner dans l’armée du sévère maréchal qui ne parut pas d’humeur plus traitable. La mésintelligence augmenta par des injustices que le comte prétendait lui être faites dans la distribution des entreprises, et « comme il se sentait, dit-il, du talent pour les plaisanteries, » il ne se fit pas faute de l’employer à sa vengeance. Le maréchal, avec un courage à l’épreuve de tous les périls, avait peur de l’épigramme, et se trouvait moins à l’aise sous le regard malin de son lieutenant que devant les batteries espagnoles.
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