Résumé

A. Muntz Revue des Deux Mondes

Il va sans dire qu’à côté de tous les engrais dont nous venons de parler, et qui sont ce qu’on appelle des engrais commerciaux, une large place doit être donnée au fumier de ferme, qui reste la base d’une agriculture bien conduite, et qui a le grand avantage d’apporter, outre les principes fertilisans qu’il renferme, acide phosphorique, azote, potasse, cette forte proportion d’humus qui a une action si heureuse sur l’ameublissement du sol, sur sa fraîcheur, sur ses aptitudes à la production des récoltes.
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A. Muntz Revue des Deux Mondes

C’est le sol qui est le réservoir du phosphore. C’est là que le prennent, sous la forme de phosphate, les végétaux qui se développent à sa surface. Si la terre végétale était toujours pourvue abondamment de phosphate, nous n’aurions pas à nous préoccuper de son emploi en agriculture. Mais il n’en est pas ainsi. Les phosphates sont disséminés dans le sol en minime proportion, et si nous exprimons leur quantité en acide phosphorique, nous en trouvons rarement plus de 1 à 2 millièmes, souvent beaucoup moins.
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A. Muntz Revue des Deux Mondes

Les utiliser à la production de nouvelles récoltes, c’est donc obéir à la règle de la restitution. Mais tous les os ne rentrent pas dans la circulation agricole ; ceux de l’homme en particulier restent immobilisés dans les cimetières, dans lesquels s’accumulent des quantités énormes d’acide phosphorique. On peut calculer qu’en France plus de 600,000 kilogrammes de ce principe fertilisant sont ainsi soustraits annuellement à l’agriculture par la sépulture humaine. L’on ne saurait songer à porter une main sacrilège sur ces restes que les mœurs de tous les temps nous ont appris à respecter.
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