Résumé

A. Nélidow Souvenirs d’avant et d’après la guerre de 1877-1878

Personne n’a cru qu’on y ait dit la vérité. Abdul Hamid, alors sultan, avait besoin de se débarrasser des hommes qui avaient fait détrôner son oncle et qui, mécontens de son propre régime, tout opposé à celui qu’ils avaient eu en vue de donner à la Turquie, restaient un danger permanent pour lui-même. Quoi qu’il en soit, le fait que le Sultan détrôné a été assassiné reste incontestable et la nouvelle de sa mort a produit un effet si saisissant sur l’esprit du doux et faible Mourad qu’il en perdit définitivement la raison.
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A. Nélidow Souvenirs d’avant et d’après la guerre de 1877-1878

Il était évident que les Roumains ne se prêteraient pas facilement à nous laisser traverser leur pays pour combattre les Turcs sans vouloir soulever un peu le voile de l’Avenir et se garantir aussi contre les conséquences fâcheuses d’une guerre qui pouvait tourner à notre désavantage. Il était notoire en outre que l’empereur Alexandre II considérait comme une question d’honneur pour lui de récupérer la partie de la Bessarabie qu’il avait dû céder par le traité de Paris, afin de rendre à la Russie en Europe les limites qu’elle avait eues à son avènement au trône.
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A. Nélidow Souvenirs d’avant et d’après la guerre de 1877-1878

Où je me séparais de l’ambassadeur, c’était dans l’idée qu’il avait de pouvoir conjurer le danger d’une crise orientale au moyen de réformes, obtenues du Sultan par la Russie et exécutées sous notre contrôle. Elles seraient nécessairement imparfaites, pensais-je, et nous assumions la responsabilité de leurs imperfections. Le général, lui, ne voyait, selon son habitude, que l’effet immédiat du système qu’il proposait : les insurgés rassurés, l’Europe écartée, la Russie, c’est-à-dire lui-même, dominant à Constantinople.
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