Résumé

Portrait de Alphonse Esquiros Alphonse Esquiros L’Angleterre et la Vie anglaise…

Il y a quelque chose de plus triste que l’ivresse elle-même, c’est le désir de l’ivresse. Il n’est pas rare de rencontrer dans les rues de Londres, à la porte d’un public-house, un vieillard pâle, d’une quarantaine d’années, aux yeux dilatés par la convoitise, aux mouvemens épileptiques, aux vêtemens en haillons, qui regarde d’un air morne et fasciné les pots de bière auxquels d’heureux mortels, ses frères, suspendent avidement leurs lèvres. On dirait le spectre de Tantale. Il y a des temps de l’année où l’ivresse est périodique, car l’Anglais se montre réglé jusque dans ses excès.
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Portrait de Alphonse Esquiros Alphonse Esquiros L’Angleterre et la Vie anglaise…

Enlacé et couronné de guirlandes, le personnage mythologique tenait à la main, en guise de sceptre, un thyrse orné de houblon, cette bonne plante qui, disait la chanson des hop-pickers, « donne du travail aux femmes, aux vieillards et aux enfans. » Le tout était accompagné d’un joyeux bruit d’instrumens. Il n’est pas rare non plus de voir dans le Kent des cabarets à la porte desquels pend alors une branche de houblon avec des fleurs, et où l’on boit au succès de la moisson : la bière sert à fêter la bière.
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Portrait de Alphonse Esquiros Alphonse Esquiros L’Angleterre et la Vie anglaise…

Les policemen de Londres ont alors fort à faire, ne fût-ce que pour lier et enlever sur des civières des femmes ivres-mortes, le plus souvent des Irlandaises, dont quelques-unes présentent sous la flétrissure de l’abrutissement les traits de la jeunesse, et parfois une beauté qui attriste à voir. Le policeman est le héros, le martyr, le bon génie de l’ordre public. On ne saurait dire avec quelle grandeur d’âme stoïque il supporte les injures du délire, avec quelle patience, quelle douceur, il manie ces cadavres de l’ivresse.
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