André d’Arçais

Résumé

André d’Arçais Revue des Deux Mondes

Une amitié solide les unit toujours, malgré le temps, l’éloignement, la différence des destinées et des croyances.
Le Maréchal entre dans l’humble pièce et va vers le lit : il contemple sous les linges la tête fine et noble de son ami, le fier profil au front haut, au nez long et mince : « Eh bien ! Lecornu, ça ne va pas ? » Le prêtre saisit la main robuste de ses longues mains décharnées et la porte à ses lèvres : « Monsieur le Maréchal, laissez-moi embrasser cette main qui a sauvé la France. » La voix est si faible qu’il faut se pencher pour l’entendre.
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André d’Arçais Revue des Deux Mondes

Le temps était splendide, égayé d’un soleil froid qui blanchissait la neige ; sur le ciel pur, les arbres avaient l’air d’être dessinés à l’encre de Chine.
À neuf heures, le Maréchal en grande tenue, montait dans un carrosse de la Cour. C’était un magnifique carrosse, tout rouge, doublé de soie ronge, suspendu sur de hautes roues grêles, avec des lanternes dorées aux quatre angles, un cocher en livrée, des valets de pied à tricorne, debout en arrière ; autour de la voiture, un peloton de lanciers d’escorte en dolman noir à brandebourgs rouges, képi à plumet, la lance à oriflamme au poing.
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André d’Arçais Revue des Deux Mondes

Un Chinois passe qui traîne un cheval boiteux et promène dans une cage son oiseau favori. Voici un magasin où s’empilent d’énormes cercueils. Un vagabond, malgré le froid, rapièce une loque bleue, — tout son vêtement ; un carrosse de mariage européen en panne sur un trottoir ; de gros hommes à califourchon sur de petits ânes au trot ; la boutique d’un marchand de friture sur les marches d’une admirable pagode dorée ; des femmes aux jambes boudinées dans des pantalons ouatés ; un arc de triomphe destiné au Maréchal et qui n’est pas terminé.
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