Résumé

Anonyme Les Jésuites de la maison professe de Paris en belle humeur (1696)

Mais, venons au fait : quelle est, encore une fois, la beauté qui vous charme si fort ? — Puisque vous le voulez absolument savoir, mon père, repartit le jésuite comme forcé, je vous dirai que c’est madame de... qui m’a touché le cœur plus que femme du monde ; elle est belle, elle est jeune, et son mari n’a pas l’esprit de lui donner ce qu’il lui faut. — À la vérité, cela est digne de compassion ; c’est pourquoi, mon frère, repliqua le père gardien en lui prenant la main, et éclatant de rire, vous en avez pris soin par un motif de charité qui vous sera rendu en paradis.
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Anonyme Les Jésuites de la maison professe de Paris en belle humeur (1696)

C’est votre pucelage, ma belle, que je vous demande pour récompense de tout ce que je ferai pour vous. — Mon pucelage ! mon père, repartit Ninon en rougissant et fort étonnée ; ma mère me dit tous les jours qu’il ne faut jamais le donner avant d’être mariée, et qu’un homme connoît d’abord quand on a fait cette faute. — Bon, voilà une belle affaire, répondit le religieux en soupirant ; madame votre mère n’a peut-être pas suivi la morale qu’elle vous prêche ; il n’est que de jouir des beaux jours pendant qu’ils sont à nous.
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Anonyme Les Jésuites de la maison professe de Paris en belle humeur (1696)

Un jour, comme il tenoit sa déesse entre ses bras, et qu’il la caressoit tendrement, elle lui dit à demi-pâmée : — Ô mon révérend père, que je mets de différence entre vous et... La belle n’en put dire davantage, car une foiblesse qui est ordinaire aux amans s’empara entièrement d’elle ; mais, étant revenue de sa pâmoison, le père Bourdaloue en la regardant d’une manière toute passionnée, lui demanda ce qu’elle vouloit dire. — Ce que je voulois vous dire, mon père, reprit la dame d’un air charmant, est que mon mari ne vous vaut point dans un combat amoureux.
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