Auguste Boppe,
Revue des Deux Mondes
“ L’obscurité est complète. Nous voici sur un ponton ; nous sautons dans la vedette dont nous remplissons l’étroite cabine. Ministres serbes, ministres alliés sont là, serrés les uns contre les autres ; on voudrait parler, mais les paroles restent dans la gorge ; le moment est tragique : ce n’est pas le lieu des banalités. Quant à dire ce à quoi l’on pense, personne ne l’ose ; le silence convient en un pareil instant. La vedette part, emportant le gouvernement serbe et les ministres alliés. Pendant sept à huit minutes, qui ont semblé des heures, elle navigue, ballottée sur les vagues. ”
