Résumé

Alfred Dumaine La dernière ambassade de France en Autriche… (1921)

Un propos qu'il aimait à répéter, sans s'apercevoir qu'il prêtait à une facile riposte, est celui que lui aurait tenu le roi Milan à une époque où Tschirschky était un jeune chargé d'affaires à Belgrade. « Croyez-moi, mon cher, disait le souverain, quand je ne serai plus là, l'Autriche ne trouvera plus en Serbie personne à qui parler ! » Or, on sait ce qu'il en coûtait, sur les fonds secrets, pour s'assurer la complaisance de Milan. Il est tout à l'éloge des Serbes que pas un autre que leur mauvais roi ne se soit laissé soudoyer par le cabinet de Vienne.
Source : Gallica

Alfred Dumaine La dernière ambassade de France en Autriche… (1921)

Ces impertinences dont on s'amusait étaient plutôt symboliques que réelles. Car, il faut le répéter, aucune aristocratie ne fut ornée de manières plus avenantes et d'une distinction de meilleur goût que celle de Vienne. Elle prisait haut ses prérogatives et tenait à ce qu'on ne les ignorât pas ; mais, quand les rangs se trouvaient mêlés, elle s'accommodait sans ombre de morgue des plus inattendues promiscuités. J'aime à penser que c'était une survivance de l'aimable société française de la fin du XVIIIe siècle, de qui les grands seigneurs d'Autriche avaient appris la
douceur de vivre.
Source : Gallica

Alfred Dumaine La dernière ambassade de France en Autriche… (1921)

En vain la Bulgarie réclama-t-elle, cette fois, la médiation russe : ses adversaires entendaient la soumettre à la loi du plus fort. Encore les sacrifices à consentir, dictés à Bucarest, ne furent-ils pas des plus rigoureux. Mais les accroissements de territoire et de population de la Serbie, à qui pourtant restait refusée la percée jusqu'à l'Adriatique, rendaient incurables les ressentiments autant à Vienne qu'à Sofia : c'est de ce besoin de vengeance qu'allaient sortir les prétextes guettés par l'Allemagne pour étendre la guerre à toute l'Europe.
Source : Gallica

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