Gabriel Louis Jaray

Résumé

Gabriel Louis Jaray Au jeune royaume d'Albanie

Je me reporte à mon premier voyage avant la révolution jeune-turque: le Serbe ne comptait plus, chacun prédisait la fin d'une race; le Bulgare s'apprêtait à étendre son pouvoir sur toute la Macédoine; l'Albanais prétendait être le successeur du Turc, du droit de la force et de celui de l'héritier désigné. La lutte s'exaspère; les bandes déchirent le pays; puis la révolution éclate; dans la stupeur tous croient au triomphe, à la délivrance, à la victoire; chacun sur cette place embrasse son voisin, pensant que ses désirs sont comblés.
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Gabriel Louis Jaray Au jeune royaume d'Albanie

Il est vrai que l'Albanais est un guerrier dans l'âme, car voilà des siècles qu'il est habitué au péril et à la lutte; l'éducation d'un peuple ne se refait pas du jour au lendemain; mais je suis convaincu que l'Albanais peut parfaitement s'adapter aux travaux de toute nature, et je n'en veux pour preuve que ceux que je leur ai vu pratiquer: dans tout le centre de l'Albanie, l'homme libre de la campagne est un paysan dont les méthodes sont arriérées, mais qui possède l'amour de la terre et le culte de sa petite propriété
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Gabriel Louis Jaray Au jeune royaume d'Albanie

Par instants le soleil déchire les nues opaques de l'orage qui nous entoure et éclaire la ville d'Okrida située juste en face sur l'autre rive; des montagnes aux pentes droites baignent leur pied dans les eaux vert sombre du lac et de toute part des forêts épaisses bornent la vue; c'est là, paraît-il, à l'extrémité méridionale, qu'un monastère bulgare célèbre, celui de Saint-Naoum, accueille les voyageurs. Mais d'ici, entre la montagne et les eaux, rien n'apparaît. Au nord du lac, au contraire, une plaine prolonge celui-ci et le cadre montagneux est reporté assez loin
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