Résumé

Victor Bérard À Travers la Macédoine slave

Tout se fait toujours et partout, ou plutôt il est impossible de jamais rien faire. Le barbier rase ses cliens dans l’eau que tout le monde boit. L’écœurante odeur des fritures flotte dans toutes les fumées. À l’aube, des Juifs assiégent notre porte, avec de vieilles armes, de vieilles broderies, de vieilles défroques qu’ils appellent antiquités. Le soir, des muletiers, qui ont dormi le jour, chantent jusqu’à la minuit passée. Toute la journée, une lourde chaleur met en joie la vermine, que la senteur de nos peaux européennes attire des quatre coins de Monastir.
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Victor Bérard À Travers la Macédoine slave

Il est difficile en Macédoine de hurler à point avec les loups. Nous y mettons tout le zèle et toute la conviction de gens en appétit, dont le dîner dépend souvent des loups eux-mêmes. Pourtant, à Dchoura, des Valaques, dans le plus pur grec moraïte, nous ont étonnés par un réquisitoire contre les Grecs, et voici qu’à Resen un pope slave, geignant grec comme une araba bulgare, traite d’hérétique, de schismatique, de maudit, sa toute sainteté l’archevêque d’Okhrida.
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Victor Bérard À Travers la Macédoine slave

C’est un gros bourg d’une centaine de maisons. Nous découvrons tout à coup, au fond d’une cuvette, sur le bord d’un torrent dans les saules et les peupliers, ce village de laboureurs, entouré de sillons, encombré de buffles et d’arabas. Les terres sont aux mains de deux beys musulmans. La population chrétienne se compose de deux peuples, les Slaves qui se disent Bulgares et attendent, eux aussi, l’arrivée de cet archevêque, mais d’une attente fort placide, sans les fleurs, les fusils, les cierges et l’encens d’Okhrida, — et les Valaques. Les Valaques sont de beaucoup les plus nombreux.
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