Résumé

Augustin Pécoul De l'Indemnité à payer aux colons… (1848)

Une fois qu'il est admis que la propriété, dans son essence, n'est autre chose que le droit concédé par la société à un de ses membres de jouir et de disposer de n'importe quoi, à l'exclusion de toutes autres personnes, les distinctions qu'on peut signaler entre le droit de propriété en tant qu'exercé sur les objets ordinaires et le droit de propriété en tant qu'exercé sur la personne des esclaves ne sauraient, en aucune manière, atteindre et modifier la garantie promise à cette nature de propriété, comme à toutes les autres, par la société.
Source : Gallica

Augustin Pécoul De l'Indemnité à payer aux colons… (1848)

Tenons donc pour incontestable que la valeur vénale des noirs est la seule base qui puisse être donnée à l'indemnité; et, cela posé, passons à l'évaluation de cette indemnité.
Les colons disent : Notre propriété, composée d'esclaves, de terres et de bâtiments, formait un tout, dans lequel chacun de ces éléments, non seulement possédait une valeur intrinsèque, mais acquérait par cette réunion une valeur relative considérable. Ce sont les noirs surtout qui donnaient aux terres et aux bâtiments leur importance ; sans les noirs, les terres et les bâtiments restent à peu près sans valeur.
Source : Gallica

Augustin Pécoul De l'Indemnité à payer aux colons… (1848)

Comment établir l'indemnité, et à quel chiffre s'élèvera-t-elle ?
Le nombre total de la population esclave de toutes les possessions françaises s'élève à 260,000. Ce serait donc 260 millions que la métropole aurait à payer pour faire disparaître la servitude qui souille encore quelques terres françaises. La France doit donner cette somme, et elle la donnera. Il ne s'agit pas du trésor, mais de la morale. Il faudrait désespérer de la charité de la grande nation si l'on pouvait douter d'obtenir des Chambres l'argent nécessaire pour désinfecter les colonies.
Source : Gallica

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