Résumé

Aurons-nous tout vu ? : impressions d'un expulsé à son retour au pays natal (1946)

Les beaux jours nous sourient et nous envoient leurs parfums naturels, ils parlent intimement à nos âmes de l'heure présente qui doit nous réjouir. Dame nature, qui était endormie depuis de longs mois, se réveille au premier souffle du printemps pour fêter la victoire de nos troupes. Les rivières font entendre leur doux murmure et les oiseaux leurs gentils ramages. Le chèvrefeuille et l'aubépine sont en pleine floraison. C'est le renouveau. Tout respire la joie de vivre et chante la liberté reconquise.
Source : Gallica

Aurons-nous tout vu ? : impressions d'un expulsé à son retour au pays natal (1946)

C'est pourquoi l'humanité, désaxée, cherche par tous les moyens à trouver un point d'équilibre. Pauvres hommes qui se débattent dans un monde fiévreux et malade, trouveront-ils seulement une solution énergique à tous nos maux ? Et cependant que de plaies à panser ! Que de misères à soulager ! Que de ruines à relever !
Ceux qui ont payé un lourd tribut à la guerre méritent, j'espère, quelques égards. Il me semble que tous les orphelins, les veuves, les déportés, les sinistrés et expulsés ont assez souffert physiquement, et surtout moralement; par conséquent, ces gens sont dignes d'intérêt.
Source : Gallica

Aurons-nous tout vu ? : impressions d'un expulsé à son retour au pays natal (1946)

Sur la place publique, toute la jeunesse du pays se trémousse comme une fourmilière. Fillettes et garçonnets, pleins de santé, à la figure de bébé Cadum, piaillent, rient et gesticulent comme des guignols.
Adolescents à la taille fluette, au long visage pâle, maigre et osseux, gambadent dans les rues comme des pouliches en pleine liberté. Jeunes filles de dix-huit à vingt-cinq ans, à la frimousse de pleine lune, aux lèvres peintes, aux joues rouges comme les pommes du Canada, aux mains molles et grasses, aux mollets charnus, dansent joyeusement avec leurs camarades d'enfande.
Source : Gallica

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