Résumé

Bernard Masson Évasion et enlèvement de prisonniers français de l'île de Cabrera (1839)

Jusqu'ici je n'avais pas cru devoir associer plus de vingt-quatre personnes à notre projet d'évasion. Je pensais qu'il était dangereux d'en mettre un plus grand nombre dans la confidence, les dangers, en de pareils projets, se multipliant toujours par le nombre des initiés. Cependant,
ayant reconnu que la chaloupe pouvait porter quelques personnes de plus, je jetai les yeux sur douze de nos camarades, choisis de préférence parmi ceux qui étaient en position de se procurer des vivres.
Source : Gallica

Bernard Masson Évasion et enlèvement de prisonniers français de l'île de Cabrera (1839)

Peu de temps après notre arrivée dans l'ile, j'avais senti qu'il serait toujours impossible au-
tant qu'inutile de tenter un projet d'évasion, si nous n'avions pas quelques fonds et les vivres nécessaires pour la traversée, et même que nous ne pourrions jamais nous procurer ces ressources que par le travail. Je n'ai jamais pu supporter l'oisiveté. Après avoir examiné les divers moyens sur lesquels je pouvais fonder l'espoir de quelque gain, je me mis dans l'idée de devenir sculpteur, quoique tout-à-fait étranger à ce genre d'industrie. La nécessité est un grand maître
Source : Gallica

Bernard Masson Évasion et enlèvement de prisonniers français de l'île de Cabrera (1839)

Dans ces désolantes réflexions, sans aucun projet arrêté , je nageais machinalement comme par instinct, quand tout-à-coup me trouvant à vingt pas de terre, j'entends mes camarades causant à voix basse sur le rocher. Aussi, dans le délire de ma joie et sans faire attention qu'on pouvait m'entendre de la frégate, je leur criai de toutes mes forces : Tirez donc, malheureux que vous êtes! il y a plus d'une heure que la corde est attachée, Ce fut de bon cœur que les camarades réparèrent le temps perdu en tirant du mieux qu'il leur
fut possible.
Source : Gallica

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