Résumé

Beyens Revue des Deux Mondes

Le suicide du peuple russe, préférant acheter la paix à n’importe quel prix pour se détruire plus librement de ses propres mains, ne changerait pas les destinées de l’humanité. Sans lui elle marchera d’un pas plus sûr vers la liberté et le progrès, dont l’Allemagne essaye en vain de barrer la route. Plus vite que lui, s’il réussit à sortir vivant de ses déchiremens intérieurs, l’Europe connaîtra la paix, que l’incroyable suffisance des révolutionnaires de Pétrograd prétendait lui donner, sans qu’ils eussent aucun droit ni aucun titre au rôle de pacificateurs.
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Le regret des conquêtes manquées hantera l’esprit des jeunes générations. Les calomnies et les fables, répandues sans relâche sur l’origine et la légitimité de la grande guerre, continueront de retentir, comme un écho prolongé, dans les écrits des historiens et les dissertations des philosophes. L’envie et la haine sont les fruits vénéneux, que l’ambition des Hohenzollern aura semés sur le sol de la Germanie et dont tout bon Allemand pendant des années voudra se repaître. L’Allemagne de la paix demeurera obstinément hostile à ses rivales, comme le fut l’Allemagne d’avant la guerre.
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L’ambition, — une ambition effrénée, — explique toute la carrière de Ferdinand Ier. Elle a peuplé de trônes et de couronnes ses rêves d’adolescent ; elle a donné à son cœur, plutôt prudent, le courage de vivre au milieu d’hommes familiers avec l’assassinat politique ; elle lui a fait entrevoir, avec la réalisation de ses desseins balkaniques, l’empire d’Orient comme la dernière étape d’une existence prestigieuse. Or il est arrivé, chose assez rare dans le mariage des peuples avec leurs dynasties, que cet homme est bien le roi qu’il fallait aux Bulgares.
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