Calouste S. Gulbenkian

Résumé

Calouste S. Gulbenkian Revue des Deux Mondes

Il est dans le royaume du pétrole ; le précieux produit de l’Apchéron absorbe tous les soins ; on marche entre les nuages de fumée qui obscurcissent l’atmosphère et les flaques de boue huileuse qui détrempent le sol : dans la ville noire, tout est noir. Et pourtant, c’est là qu’il faut chercher la richesse de la Transcaucasie ; c’est Tchernagorod qui fait vivre Bakou avec les 200 raffineries qu’on y a fondées depuis moins de trente ans ; et, sans le pétrole, jamais on n’eût construit le chemin de fer de Batoum.
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Calouste S. Gulbenkian Revue des Deux Mondes

A deux pas de la Perse, à vingt-quatre heures de l’Asie centrale, je trouvais une ville moderne, avec des rues bien larges, bien aérées, bordées de maisons assez basses, comme dans toute la Russie, mais très commodes et très saines ; bref, entre Bakou et Pétersbourg ou Odessa, je n’apercevais d’abord aucune différence, et, dans mon désappointement, j’accusais le pic et la pioche du démolisseur, sans songer que la ville neuve s’est élevée à côté, non sur les décombres de l’ancienne.
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Calouste S. Gulbenkian Revue des Deux Mondes

Le spectacle de l’incendie d’un puits jaillissant est effroyable ; on peut à peine se faire une idée de ces colonnes de feu, hautes de 60 ou 80 mètres, qui retombent en une horrible pluie, non pas d’étincelles comme les fusées de nos feux d’artifices, mais d’énormes masses embrasées, comme une grêle de boulets rouges ; c’est une lueur sinistre, d’un rouge teinté de noir, voilée par instans de nuages fuligineux ; c’est la lueur qui convient au plus désastreux des incendies.
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