Résumé

Félix Foucou Le Pétrole et les Hommes d’huile de l’Amérique du Nord

Sur un espace comme la vallée d’Oil-Creek, plus petit que tel département français, l’on peut voir à l’aise, peut-être mieux que sur aucun autre point de la terre, ce que produit la volonté humaine servie par des circonstances naturelles favorables. Au fond, c’est bien l’image, en raccourci, mais très accentuée, de ce que l’on peut observer d’un bout à l’autre de l’Amérique septentrionale. Les richesses que la nature a mystérieusement accumulées durant des siècles en ces contrées, l’homme les exploite aujourd’hui avec une âpre et juvénile ardeur.
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Félix Foucou Le Pétrole et les Hommes d’huile de l’Amérique du Nord

Au plus fort de la guerre de la sécession, la fièvre de l’huile était à son paroxysme. On comptait à New-York seulement 317 compagnies de pétrole, représentant un capital effectif de plus de 1 milliard de francs. Pour un joueur heureux, cent peut-être ont été ruinés ; mais ces ruines, aux États-Unis, n’ont pas le caractère qu’elles auraient en Europe : les intéressés, sachant bien que des voies nouvelles s’ouvriront à eux un jour ou l’autre pour tenter encore la fortune, n’y voient qu’un incident passager, l’une des péripéties du grand combat pour l’existence.
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Félix Foucou Le Pétrole et les Hommes d’huile de l’Amérique du Nord

Presque aussitôt éclatèrent plus de cent coups de sifflets à vapeur, répétés par les échos des ravins : ils sonnaient midi, l’heure du second déjeuner. La fumée blanche disparut parmi les derricks et les arbres qui nous entouraient ; les machines s’arrêtèrent, et je vis sortir de tous les coins de la forêt des oil men ralliant les auberges de Petrolia. Dans tous les pays d’huile, on fait au moins deux repas de viande par jour, car il faut chauffer à outrance la machine humaine, soumise là-bas à un dur travail physique et intellectuel.
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