Charles Géniaux

Charles Géniaux

Résumé

Portrait de Charles Géniaux Charles Géniaux Revue des Deux Mondes

Chadli Ben Chélia laisse un moment l’enfant penchée vers lui dans la posture d’un petit coureur antique qui prend son élan ; l’ardeur de sa piété semble l’empêcher de rien apercevoir des gestes de ce bas monde. Enfin il daigne saisir, sans un remerciement, le verre qu’on lui tend. Il le boit d’une gorgée, reste un instant dans l’attitude dolente d’un malade qu’un remède ne saurait sauver et se relève sur son bâton maraboutique. Il chancelle, aux premiers pas, comme un homme tombé du paradis et tout désolé de se retrouver en cette vallée de larmes.
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Portrait de Charles Géniaux Charles Géniaux Revue des Deux Mondes

Nous roulons vers l’une des plus curieuses villes berbères de l’Afrique où les Pères Blancs, puis les Sœurs, plantèrent bravement leurs tentes, au lendemain de la défaite des insurgés kabyles. Sans cesse la route s’élève de la vallée de l’oued Sahel vers la montagne de plus en plus dénudée, hargneuse et pourtant magnifique de couleur et de ligne. Le pays change d’aspect et, de provençal, devient âprement africain. A gauche, les cimes neigeuses du Djurjura semblent coiffer l’ « arekia, » cette calotte de laine blanche portée par certains Kabyles.
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Portrait de Charles Géniaux Charles Géniaux Revue des Deux Mondes

Retourné vers la blanche cité arabe aux patios à treilles, il me montre, le long des rues inanimées, les hommes en djellabas brunes ou en burnous, accroupis dans la bordure d’ombre des seuils.
— Les Musulmans, ici ! fait le vieillard.
Il salue profondément et reprend :
— Sidi Chadli Ben Chélia vous attend. Il m’a prié de vous avertir.
L’étroit escalier descendu, nous traversons la mosquée dont les piliers massifs s’opposent à la poussée de voûtes sans prestige. Dans de vieilles torchères, des cierges ramollis par la chaleur, se prosternent.
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