Résumé

Charles Schoebel Le Mythe de la femme et du serpent

Ainsi disparut la chasteté, la pureté native de l’âme, et à sa place la honte mit son équivoque, la pudeur.
Les hommes virent qu’ils étaient nus, et ils en eurent honte. Pourquoi l’homme eut-il honte de se voir nu ? Que peut-il y avoir de honteux dans la nudité ? Rien ; aussi l’homme n’avait-il d’abord éprouvé aucun tourment à ce sujet. Mais l’acte sexuel consommé, son moral se sentit frappé ; il vit du mal là où il n’en avait pas vu et où, la chose considérée en soi, il ne saurait y en avoir.
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Charles Schoebel Le Mythe de la femme et du serpent

Le mythe nous la montre qui jaillit de l’attraction mutuelle et réciproque de la nature intérieure et de la nature extérieure, puis du contrat étroit qui s’ensuit. Dans ce rapprochement intime, dans cette chute l’un vers l’autre de deux corps destinés à se compléter pour former l’homme définitif, le Prométhée enchaîné, s’il ne se délivre pas de ses attaches cosmiques, ce qui d’ailleurs est impossible, discerne du moins la nature comme sa cause et sa fin, et éclaire ainsi sa propre situation avec le flambeau de la lumière intellectuelle.
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Charles Schoebel Le Mythe de la femme et du serpent

Oui, c’est en définitive la peur, le sentiment qui domine la force de l’homme le plus fort, fût-il Ajax ou Pompée, c’est la peur qui révéla, à ne pas s’y tromper, à nos premiers ancêtres que la nature a un maître, et cette peur fut, comme de juste, la suite immédiate de leur présomption de s’être posés en Elohim et de la honte qu’ils eurent d’avoir échoué dans leur entreprise. L’homme se couvrit donc ; il sentit qu’il ne pouvait plus rester ἄμιτρος sans ceinture, comme l’être chaste et innocent
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